Choix de poèmes, 1951· Chapitre Viii Poète
A mon Cœur
LES SEPT DOULEURS D’OCTOBRE, Ferenczi, 1930
Cette nuit, je m’endors‖ dans la chambre où tout dort,Mais le repos n’est pas‖ parfait. Qu’est-ce qui veille ?Mon cœur ! Ses grands coups sourds‖ vivent dans mon oreille.Certes, la vie est plus‖ étrange que la mort.
Cœur, ô cœur si pressé‖ qui sans cesse travaillesAvec cette énergie‖ âpre de forgeron,Cœur tout vivant,‖ fruit remuant‖ de mes entrailles,Qui bats dans tout mon corps,‖ des pieds jusques au front,
Nuit et jour au labeur,‖ quelle est ta résistance ?Quand je repose, toi,‖ même pas assoupi,Inlassable tu suis‖ ton rythme sans répit.Combien de coups frappés,‖ au cours d’une existence ?
Bête vivante, enfant‖ dont on n’accouche pas,Battant de cette cloche creuse,‖ la poitrine,Cœur d’où s’échappe à flots‖ la source purpurineDu sang intérieur‖ courant de haut en bas,
Cœur, moteur acharné‖ de nos faibles personnes,Intime balancier‖ qui mesures le temps,Cœur qui cognes si fort‖ aux instants éclatants,Glas annonciateur‖ qui sonnes, sonnes, sonnes,
Cœur des terrestres, cœur‖ des bêtes et des gensQui ne reposeras‖ jamais que dans la terre,Quand, après tant de zèle‖ et de soins diligents,Tu seras aussi simple‖ et sage qu’une pierre,
O cœur indépendant‖ de mon vouloir, émoiPerpétuel, énigme‖ éternelle de l’être,O cœur, monstre caché,‖ tu me fais peur, mon maître,Lorsque j’entends, la nuit,‖ ton frappement en moi.
Versification
- Forme
- 7 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 5(abba) 2(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a dort / mort masculine, classiqueb veille / oreille féminine, classiquea travailles / entrailles féminine, classiqueb forgeron / front masculine, non classiquea résistance / existence féminine, classiqueb assoupi / répit masculine, non classiquea pas / bas masculine, classiqueb poitrine / purpurine féminine, classiquea personnes / sonnes féminine, classiqueb temps / éclatants masculine, classiquea gens / diligents masculine, classiqueb terre / pierre féminine, classiquea émoi / moi masculine, classiqueb l’être / maître féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Choix de poèmes, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1951· Sources