Choix de poèmes, 1951· Chapitre Ii Honfleur
L’Odeur de mon Pays
FERVEUR, Editions de la Revue Blanche, 1902
L’odeur de mon pays‖ était dans une pomme.Je l’ai mordue avec‖ les yeux fermés du somme,Pour me croire debout‖ dans un herbage vert.L’herbe haute sentait‖ le soleil et la mer,L’ombre des peupliers‖ y allongeait des raies,Et j’entendais le bruit‖ des oiseaux, plein les haies,Se mêler au retour‖ des vagues de midi.Je venais de hocher‖ le pommier arrondi,Et je m’inquiétais‖ d’avoir laissé ouverteDerrière moi, la porte‖ au toit de chaume mou…
Combien de fois, ainsi,‖ l’automne rousse et verteMe vit-elle, au milieu‖ du soleil et, debout,Manger, les yeux fermés,‖ la pomme rebondieDe tes prés, copieuse‖ et forte Normandie ?
Ah ! je ne guérirai‖ jamais de mon pays !N’est-il pas la douceur‖ des feuillages cueillisDans leur fraîcheur, la paix‖ et toute l’innocence ?
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 7[aa] 1[abab]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a pomme / somme féminine, classiquea vert / mer masculine, non classiquea raies / haies féminine, classiquea midi / arrondi masculine, classiquea ouverte / verte féminine, classiqueb mou / debout masculine, non classiquea rebondie / Normandie féminine, classiquea pays / cueillis masculine, classiquea l’innocence / enfance féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 1.1
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Choix de poèmes, Paris, Librairie Alphonse Lemerre, 1951· Sources