La figure de proue, 1908· Au port
En forêt de Brothonne
Nous aurons tant aimé‖ notre grande Brothonne,Ses pins nerveux, si bruns,‖ si rouges et si rouxQu’ils semblent revêtus‖ d’une éternelle automne.Ses hêtres de lumière‖ aux troncs lisses et doux.
Un grand frisson toujours‖ a couru dans nos moellesD’entrer dans l’odorante‖ et verte obscuritéOù filtrent jusqu’au sol‖ ces taches de clartéQui remuent dans la mousse‖ ainsi que des étoiles.
Les rosaces du ciel‖ pris entre les rameauxEt l’élan biaisé‖ des branches principalesRécitaient la prière‖ inouïe et sans motsDe la grande forêt,‖ mère des cathédrales.
Et, lorsque, insinuant‖ et rouge, un soleil basGlissait avec le soir‖ à travers les hêtraies,Que les troncs élancés‖ craquaient comme des mâts,Que les ombres barraient‖ les chemins de leurs raies.
Bien souvent, égarés‖ dans le silence vertOù chuchotent l’histoire‖ et les contes de fée.Nous attendions, dans la‖ bruyère ébouriffée.De rencontrer Merlin‖ ou le roi Dagobert…
Versification
- Forme
- 5 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 3(abab) 2(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a Brothonne / automne féminineb roux / doux masculinea moelles / étoiles féminineb obscurité / clarté masculinea rameaux / mots masculineb principales / cathédrales fémininea bas / mâts masculineb hêtraies / raies fémininea vert / Dagobert masculineb fée / ébouriffée féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Figure de Proue, Paris, Fasquelle, 1908· numérisation archive.org· Sources