Souffles de tempête, 1918· V Arrières-saisons
J’ai pendant si longtemps…
J’ai pendant si longtemps‖ hurlé comme une louveVers ceux qui ne sont pas venus…Les âmes que je veux,‖ certains soirs, je les trouveChez les poètes morts,‖ inconnus ou connus.
Il est, dans le passé‖ lointain, quelques archangesDevant qui j’aurais pu chanter.Avec eux seulement‖ j’ai de divins échanges,Par-delà l’océan‖ de leur éternité.
O mes contemporains,‖ je suis toute vivante !Je suis là les jours et les nuits,Et les heures s’en vont,‖ et ce temps que je hanteNe sais pas s’arrêter‖ devant ce que je suis.
Un jour je serai morte‖ et je devrai me taire.Vous, du moins, mes fervents futurs,M’aimerez-vous assez,‖ cœurs nobles, esprit pursQue je n’ai pas connus‖ quand j’étais sur la terre ?
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 3(abab) 1(abba)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (12 de 12, 4 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a louve / trouve féminine, classiqueb venus / connus masculine, classiquea archanges / échanges féminine, classiqueb chanter / éternité masculine, non classiquea vivante / hante féminine, classiqueb nuits / suis masculine, classiquea taire / terre féminine, classiqueb futurs / purs masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Souffles de tempête, Paris, E. Fasquelle, 1918· numérisation poetesses.blog4ever.com· Sources