Souffles de tempête, 1918· VI Prophétiques
Rêverie
Riches de doux trésors,‖ l’espérance et l’amour,Les foules vont bêlant‖ en troupeaux nostalgiques.Quelque soit leur destin‖ les humains sont tragiquesIls savent qu’ils mourront un jour.
La plus insigne brute‖ est encore divinePrès des férocités‖ qui mènent l’animal.Le malaise de vivre‖ est là. Rien n’est banal.Une âme dans tous se devine.
Ils travaillent. Parfois‖ ils ont de la gaieté !Poésie, art, musique…‖ Ils chantent ! Quel courage !Ils ont l’ambition‖ et la méchancetéParmi les malheurs qui font rage.
Ils grouillent en enfer,‖ et beaucoup croient en Dieu.L’espèce, obstinément,‖ répare ses guenilles :Sachant ce qu’est la vie‖ ils refont des familles,Et les suicidés sont peu.
Comme s’il n’était pas‖ de tremblement de terreEt comme si la foudre‖ avait perdu ses traits,Parmi peste et famine‖ ils inventent la guerre,Et s’en vont répétant : progrès.
C’est ainsi ! Naturelle‖ ou qu’ils l’aient inventéeTant de douleur les tord‖ jusqu’au jour du trépasQu« on se demande si,‖ la leur ayant ôtée,Ils ne la réclameront pas.
O bêtise et génie !‖ Humains, mes pauvres frèresQue j’aime et que je hais‖ si passionnément,Laissez-moi suivre au loin‖ vos cohortes amèresD’un éternel étonnement.
Paris, 20 juin 1914
Versification
- Forme
- 7 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 3(abba) 4(abab)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (21 de 12, 7 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a l’amour / jour masculine, classiqueb nostalgiques / tragiques féminine, classiquea divine / devine féminine, classiqueb l’animal / banal masculine, classiquea gaieté / méchanceté masculine, classiqueb courage / rage féminine, classiquea Dieu / peu masculine, classiqueb guenilles / familles féminine, classiquea terre / guerre féminine, classiqueb traits / progrès masculine, classiquea inventée / ôtée féminine, classiqueb trépas / pas masculine, classiquea frères / amères féminine, classiqueb passionnément / étonnement masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Souffles de tempête, Paris, E. Fasquelle, 1918· numérisation poetesses.blog4ever.com· Sources