Les pleurs, 1833
Abnégation
Qui sait si vivre n’est pas mourir, et si là-bas
on ne croit pas que mourir c’est vivre ?Euripide.
Si solitaire, hélas !‖ et puis si peu bruyante,Tenant si peu d’espace,‖ on me l’envie encor !Cette pensée est triste,‖ elle entraîne à la mort,Et, pour s’en reposer,‖ la tombe est attrayante !C’est la première fois‖ qu’elle a navré mon sein ;À tous les flots amers‖ de ma vie écoulée,Cette goutte de fiel‖ ne s’était pas mêlée ;Personne n’avait dit :‖ « S’en ira-t-elle enfin ! »
Oh ! personne ! À présent‖ je suis de trop au monde,Et j’ai hâte, et j’ai peur‖ d’amasser mes instants ;Je trompe une espérance !‖… En vain je la seconde ;Importune et mourante,‖ on peut vivre longtemps !
Oui, je me presse en vain‖ d’avancer et de vivre.Quelque anneau tient encor‖ mon cœur : il se rompra.Tout ce que j’aime est frêle‖ et meurt, et pour vous suivre,Mes chers anneaux brisés,‖ mon cœur se brisera !
Versification
- Forme
- Quatrains
- Rimes
- 1(abbacddc) 2(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 2 quatrains, 1 huitain
- Mots à la rime
- a bruyante / attrayante féminine, classiqueb encor / mort masculine, non classiquec sein / enfin masculine, classiqued écoulée / mêlée féminine, classiquea monde / seconde féminine, classiqueb instants / longtemps masculine, classiquea vivre / suivre féminine, classiqueb rompra / brisera masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Paris, Éditions du Trianon, 1931· Sources