Les lèvres closes, 1867
Ce soir
Comme à travers un triple‖ et magique bandeau,— Ô nuit ! ô solitude !‖ ô silence ! — mon âmeÀ travers vous, ce soir,‖ près du foyer sans flamme,Regarde par delà‖ les portes du tombeau.
Ce soir, plein de l’horreur‖ d’un vaincu qu’on assaille,Je sens les morts chéris‖ surgir autour de moi.Leurs yeux, comme pour lire‖ au fond de mon effroi,Luisent distinctement‖ dans l’ombre qui tressaille.
Derrière moi, ce soir,‖ quelqu’un est là, tout près.Je sais qu’il me regarde,‖ et je sens qu’il me frôle.Quelle angoisse ! Il est là,‖ derrière mon épaule.Si je me retournais,‖ à coup sûr je mourrais !
Du fond d’une autre vie,‖ une voix très lointaineCe soir a dit mon nom,‖ ô terreur ! Et ce bruitQue j’écoute ô silence ! ô solitude ! ô nuit ! —Semble être né jadis,‖ avec la race humaine !
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a bandeau / tombeau masculine, classiqueb âme / flamme féminine, classiquea assaille / tressaille féminine, classiqueb moi / effroi masculine, classiquea près / mourrais masculine, classiqueb frôle / épaule féminine, classiquea lointaine / humaine féminine, classiqueb bruit / nuit masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, tome I, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1925· numérisation poesies.net· Sources