Les lèvres closes, 1867
Journée d’hiver
Nul rayon, ce matin,‖ n’a pénétré la brume,Et le lâche soleil‖ est monté sans rien voir.Aujourd’hui dans mes yeux‖ nul désir ne s’allume ;Songe au présent, mon âme,‖ et cesse de vouloir.
Le vieil astre s’éteint‖ comme un bloc sur l’enclume,Et rien n’a rejailli‖ sur les rideaux du soir.Je sombre tout entier‖ dans ma propre amertume ;Songe au passé, mon âme,‖ et vois comme il est noir !
Les anges de la nuit‖ traînent leurs lourds suaires ;Ils ne suspendront pas‖ leurs lampes au plafond ;Mon âme, songe à ceux‖ qui sans pleurer s’en vont !
Songe aux échos muets‖ des anciens sanctuaires.Sépulcre aussi, rempli‖ de cendres jusqu’aux bords,Mon âme, songe à l’ombre,‖ au sommeil, songe aux morts !
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abab abab cdd cee
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a brume / s’allume féminine, classiqueb voir / vouloir masculine, classiquea l’enclume / amertume féminine, classiqueb soir / noir masculine, classiquec suaires / sanctuaires féminine, classiqued plafond / vont masculine, classiquee bords / morts masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, tome I, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1925· numérisation poesies.net· Sources