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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Muse populaire, 1875· Muse populaire

1852

Pierre Dupont· 96 vers

C’est dans deux ans, deux ans à peine,Que le coq gaulois chantera ;Tendez l’oreille vers la plaine,Entendez-vous ce qu’il dira ?Il dit aux enfants de la terreQui sont courbés sous leur fardeau :Voici la fin de la misère,Mangeurs de pain noir, buveurs d’eau.

Des monts sacrés où la lumièreForge ses éclairs et ses feux,Viens, en déployant ta bannière,Dix-huit cent cinquante-deux. (Bis.)

Du peuple enfin voici le règne ;Tout autre prétendant n’est rien,A moins toutefois qu’il ne daigneSe dire un simple citoyen.Est-il une place plus haute,Un plus grand honneur sous le ciel,Que d’être accueilli comme un hôteA ce banquet universel ?

Des monts sacrés où la lumièreForge ses éclairs et ses feus,Viens, en déployant ta bannière,Dix-huit cent cinquante-deux. (Bis.)

Des Bourbons la double familleEn France ne réussit plus ;Qu’un instant leur fortune brille,Ce n’est que flux et que reflux.Sur son rocher de Sainte-HélèneNapoléon s’est vu briser ;Maître de la puissance humaine,Charles-Quint sut la déposer.

Des monts sacrés où la lumièreForge ses éclairs et ses feux,Viens, en déployant ta bannière,Dix-huit cent cinquante-deux ! (Bis.)

O rois ! votre pourpre est fanée,Ne la teignez pas dans le sang ;Ne disputez pas une annéeAu progrès toujours grandissant.L’idée est aujourd’hui rapidePlus que les chevaux et les cerfs ;Elle dépasse qui la guide,Elle broiera tous nos vieux fers.

Des monts sacrés où la lumièreForge ses éclairs et ses feux,Viens, en déployant ta bannière,Dix-huit cent cinquante-deux. (Bis.)

La République jusqu’à VienneEt jusqu’à Rome a pris son vol ;Il faudra bien qu’elle y revienne,Elle a son germe dans le sol.D’ailleurs, de Paris elle guetteL’Europe, les rois et les cours,Comme on voit pendant la tempêteLa foudre menacer les tours.

Des monts sacrés où la lumièreForge ses éclairs et ses feux,Viens, en déployant ta bannière,Dix-huit cent cinquante-deux. (Bis.)

Rois, faites-vous tirer les cartes,Assis au coin de votre feu,Fortune, faut-il que tu partes !Tous les piques sont dans le jeu.Encore ce valet de pique !Paris vous envoie un courrier ;Son message est la République :Faites brûler vif le sorcier.

Des monts sacrés où la lumièreForge ses éclairs et ses feux,Viens, en déployant ta bannière,Dix-huit cent cinquante-deux. (Bis.)

C’est donc un bandeau symboliqueDont le temps a couvert vos yeux,Qu’il dérobe la RépubliqueA vos regards insoucieux ?Votre grandeur fut un nuage ;Vos sceptres, désormais ternis,Seront des bâtons de voyage.Allez, rois, vous êtes bannis !

Des monts sacrés où la lumièreForge ses éclairs et ses feux,Viens, en déployant ta bannière,Dix-huit cent cinquante-deux. (Bis.)

Faudra-t-il que vos doigts débiles,Réduits aux vils expédients,Usent nos dernières sébiles ?Nous n’aurons plus de mendiants !Bon vieillard, mettez-vous à table,Mangez, faites-nous la leçon ;Buvez, contez-nous une fable,Ou chantez-nous une chanson.

Des monts sacrés où la lumièreForge ses éclairs et ses feux,Viens, en déployant ta bannière,Dix-huit cent cinquante-deux ! (Bis.)

96 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Muse populaire, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES, 1875· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources