Muse populaire, 1875· Chants nouveaux
La paix
1856
Assise au flanc d’un étalon,Calme, s’avance une amazone,Belle comme un lis du vallon,Ayant sa beauté pour couronne.Chacun se récrie alentourSur la grâce de sa tournure ;C’est du respect, c’est de l’amour,Traduits en un vague murmure.
Cloches, sonnez !Canons, tonnez !Cette fois, ce n’est plus la guerre.Feux de joie, illuminez,Embrasez l’atmosphère !La douce Paix (bis) redescend sur la terre !
Oui, c’est la Paix qui redescend ;L’étalon sous sa main se cabre ;Jusqu’au poitrail il a du sang,Des coups de feu, des coups de sabre.Le sol est jonché de laurier ;Mais la colombe d’alliance,Portant le rameau d’olivier,S’arrête, en son vol, sur la France.
Cloches, sonnez !Canons, tonnez !Cette fois, ce n’est plus la guerre.Feux de joie, illuminez,Embrasez l’atmosphère !La douce Paix (bis) redescend sur la terre !
Toujours œil pour œil, dent pour dent !Les peuples sont las d’un tel rôle ;L’alliance de l’Occident,Du Sud à l’Est, remonte au pôle.Xerxés fit fouetter cette mer ;Que tout pavillon la traverse,Comme l’oiseau passe dans l’air ;Nous la rendons libre au commerce.
Cloches, sonnez !Canons, tonnez !Cette fois, ce n’est plus la guerre.Feux de joie, illuminez,Embrasez l’atmosphère !.La douce Paix (bis) redescend sur la terre !
Jusqu’aux océans, tout s’unit :Le rail, lançant ses lignes droitesA travers les blocs de granit,Franchit les frontières étroites ;Le gaz a prolongé le jour ;La foudre, à nous servir dressée,De la planète fait le tourAussi vite que la pensée.
Cloches, sonnez !Canons, tonnez !Cette fois, ce n’est plus la guerre.Feux de joie, illuminez,Embrasez l’atmosphère !La douce Paix (bis) redescend sur la terre !
Dans les cités tout s’agrandit,L’air circule, et l’architectureComme aux vieux âges resplendit.N’oublions pas l’agriculture.Quelle misère à soulager !Qu’il faut répandre de lumière !La science va tout changer :Hommes des champs, laissez-la faire.
Cloches, sonnez !Canons, tonnez !Cette fois, ce n’est plus la guerre.Feux de joie, illuminez,Embrasez l’atmosphère !La douce Paix (bis) redescend sur la terre !
Les machines coupent les brasPour relever l’intelligence :Champs et troupeaux seront plus gras,Nous nagerons dans l’abondance ;Persévérons dans le labeur,La route s’ouvre indéfinie ;Nous devons chercher le bonheurDans l’équilibre et l’harmonie.
Cloches, sonnez !Canons, tonnez !Celle fois, ce n’est plus la guerre.Feux de joie, illuminez,Embrasez l’atmosphère !La douce paix (bis) redescend sur la terre ! !
84 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Muse populaire, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES, 1875· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources