Muse populaire, 1875· Muse populaire
Les bords de la Saône
Briller dans les citésN’est point ce que j’envie ;Mais aux bords enchantésOù j’essayai la vie,Comme un oiseau sa voix,Qu’un soir ma vie éteinteTombe comme la plainteD’un oiseau dans les bois !
Oh ! qui me rendra tes rivages,Saône que j’aime, et tes ombragesDe peupliers,Où les colombes si fidèlesAppelaient en battant des ailesLeurs doux ramiers ?
Oh ! comme j’aimerais,Sous tes vertes saulées,Goûter l’ombre et le frais,En entendant mêléesAu bruit de leurs troupeauxLes chansons des bergèresQue ces lieux solitairesInvitent au repos.
Oh ! qui me rendra tes rivages,Saône que j’aime, et tes ombragesDe peupliers,Où les colombes si fidèlesAppelaient en ballant des ailesLeurs doux ramiers ?
Hélas ! loin de les bordsLa fortune m’exile.Que n’ai-je ses trésors !Pour ton eau si tranquille,On verrait mon esquifFuir l’océan du mondeQui cache sous son ondeLe dangereux récif.
Oh ! qui me rendra les rivages,Saône que j’aime, et tes ombragesDe peupliers,Où les colombes si fidèlesAppelaient en battant des ailesLeurs doux ramiers ?
42 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Muse populaire, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES, 1875· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources