La comédie du monde, 1851
XI. Le journal de Firmin
Il n’avait pas voulu‖ d’un voyage où son âmeA côté des plaisirs‖ pouvait placer un blâme.Au plus cruel supplice‖ il se fût exposéEn supportant un homme‖ odieux, méprisé.Paul resta donc. Il eut‖ d’abord une pensée :Entreprendre une longue‖ et rude traversée,Aller étudier‖ un pays jeune encor,L’Amérique, sauvage‖ au diadème d’or.Mais il se dit ensuite :‖ « Un jour, si la comtesseAvait besoin de moi,‖ faut-il que je la laisse,Que je mette entre nous‖ l’intervalle des mers ?Non, dussé-je éprouver‖ des regrets bien amers,Je préfère l’exil. »Pour étouffer la flammeQue nourrissait en lui‖ l’image d’une femme,Pour tromper ses ennuis‖ il se mit à courirVers tous les horizons,‖ hélas ! sans moins souffrir.Ah ! ne descendez pas‖ dans le creux des vallées,Évitez les forêts,‖ retraites isolées ;Ne vous asseyez pas‖ auprès du clair ruisseau ;N’écoutez pas le vent‖ ou les feuilles ou l’eau,Vous tous que le chagrin‖ a surpris avant l’âge.L’esprit sort plus troublé‖ du calme paysage,Et dans cette harmonie‖ où la terre s’endortLa douleur se ressent‖ plus pénétrante encor.Il faut, à qui souffrit,‖ le tumulte des villes.Car s’il sonde inquiet‖ les horizons tranquilles,Il trouve plus de deuil‖ en cherchant le repos…L’ordre est autour de lui,‖ son cœur c’est le chaos.Paris est entouré‖ d’une verte ceinture,Admirable ornement‖ donné par la nature :C’est Meudon, c’est Saint-Cloud,‖ cet immense jardinOù les arbres géants‖ font rêver de l’Éden,Et tout auprès duquel‖ passe calme la SeineÉpanchant doucement‖ son urne toujours pleine ;C’est Verrières qui va,‖ montueux et fleuri,Rejoindre par ses bois‖ Versailles, Satory ;C’est la Bièvre baignant‖ sa féconde valléeEt promenant son eau‖ sous les saules voilée ;C’est Enghien et son lac ;‖ c’est le gai FontenayQui fait croître la rose‖ auprès des bois d’Aulnay ;C’est Bellevue, Auteuil,‖ pays de l’élégance ;Marly qui fut royal‖ jusqu’à l’extravagance ;Saint-Germain, d’où les yeux,‖ en dominant Paris,Sont devant ce géant‖ moins charmés que surpris.Que nommerai-je encor ?‖ Que de bourgs, de villages,De bois qui sont pour nous‖ des remparts de feuillages !Ainsi notre Firmin,‖ pour abréger le jour,Changeait incessamment‖ de but et de séjour.Un album sous le bras,‖ des crayons dans sa poche,Il s’en allait pensif,‖ triste, mais sans reproche.Quand il s’était assis‖ à l’angle d’un chemin,Tantôt par une esquisse‖ il occupait sa main ;Et tantôt il laissait‖ la vague poésieJeter sur le papier,‖ selon sa fantaisie,Quelques-uns de ces vers‖ où le cœur trop ardentPrend, à défaut d’amis,‖,le ciel pour confident.Je ferai peu d’emprunts‖ à ce recueil intime.Le rêve vaporeux‖ n’aime pas qu’on l’imprime.Voici quelques extraits‖ du JOURNAL DE FIRMIN ;Je les donne… Ils seront‖ oubliés dès demain :
I
Assis et méditant‖ sur le bord de la route,Je regarde sans voir,‖ — sans entendre j’écoute.Tout parle autour de moi,‖ mais je ne comprends pasCes langages divers‖ si confus et si bas.Partout l’œuvre de Dieu‖ lentement s’élabore :Depuis le souffle d’air‖ jusqu’au grain qui s’ignore,Tout suit à son insu‖ quelque secrète loi :Et j’interroge tout,‖ sans me connaître, moi !
Hélas ! je n’ose plus‖ m’interroger moi-même,Lorsqu’afin de me fuir‖ je fuis celle que j’aime,Lorsque de tout bonheur‖ exilé désormais,Je ne veux plus savoir‖ à quel point je l’aimais !Mon amour est un crime‖ et ma plainte un blasphème :Mais Dieu m’a pardonné‖ puisque je me soumets,Et pour les fronts courbés‖ il n’a pas d’anathème.
II
Rêve de l’avenir,‖ qui ne vous a pas fait ?Nul ne voit le présent‖ comme il faut qu’on le voie,Nul n’accepte la vie‖ avec calme, avec joie,Ainsi qu’un céleste bienfait.
Demain, toujours demain…‖ Jamais l’heure présenteNe suffit à nos vœux,‖ à nos brûlants désirs ;Demain doit nous verser,‖ d’une main complaisante,Tous les bonheurs, tous les plaisirs.
Il passe, il a déçu‖ notre attente frivole…Encore un lendemain…‖ Tout nous semble sauvé !Ainsi, de jour en jour,‖ l’existence s’envole ;Et qu’a fait l’homme ? — Il a rêvé.
III
Dites-moi, compagnons‖ qui suivez cette route,Pourquoi marcher ainsi,‖ mornes, les yeux baissés ?— C’est que chacun de nous‖ songe aux plaisirs passés,Et que notre avenir‖ n’est encore qu’un doute.
Dites-moi, compagnons‖ qui suivez cette route,Avez-vous ressenti‖ l’épreuve de l’amour ?— Nous en avons connu‖ les délices un jour ;Il ne nous a laissé‖ que le vide et le doute.
Dites-moi, compagnons‖ qui suivez cette route,Croyez-vous qu’elle mène‖ au moins vers un bon port ?— Nous sommes bien certains‖ qu’elle mène à la mort…Gloire, fortune, amour,‖ le reste n’est que doute.
IV
Je dis à la fleur :‖ « Qui donc t’a plantéeEt qui t’a donné‖ tes fraîches couleurs ? »Avant de répondre‖ elle est emportéePour être vendue‖ avec d’autres fleurs.
Je dis aux forêts :‖ « Votre toit de feuilleEst un saint asile‖ où je rêve en paix. »A peine ai-je dit,‖ que l’automne cueilleL’abri bienfaisant‖ que je bénissais.
Je dis au grand bœuf‖ pâturant dans l’herbe :« L’églogue pour moi‖ renaît à te voir. »Un paysan vient,‖ et le bœuf superbe,Une corde au cou,‖ marche à l’abattoir.
Je dis, admirant‖ la flèche : hardieDu temple de Dieu :‖ « Quelle noble tour ! »Mais la foudre tombe,‖ et dans l’incendieLe temple de Dieu‖ s’écroule à son tour.
Je dis aux vapeurs‖ qui dans l’étendueVont rapidement « ‖Quelle main prend soinDe vous soutenir‖ ainsi ? » Mais la nueNe peut me répondre,‖ elle est déjà loin.
Je dis au Bonheur :‖ « Hôte de caprice,Ne peux-tu rester‖ un jour avec nous ? »Le Bonheur sourit‖ et dehors se glisse,Quand nous l’appelons‖ en vain à genoux.
Et je dis, sentant‖ que sur moi retombeL’ennui de mon cœur,‖ plein de mille effrois« Quand saurai-je enfin ?‖ » — « Demande à la tombe ;C’est là qu’on sait tout,‖ » me dit une voix.
V
Moissons, je vous voyais‖ si belles ce matins.O fleurs, je vous voyais‖ ce matin si brillantes !…Les épis sont couchés,‖ et de ces fleurs riantesIl ne reste plus rien,‖ qu’un souvenir lointain.
Jeune homme, ce matin,‖ j’admirais ton courage ;Tu marchais dans la vie‖ ainsi qu’un fier lutteur.Te voilà triste, pâle,‖ énervé, sans ardeur…Qui donc vous a soudain courbés tous ?— Un orage.
VI
Un homme cheminait :‖ sur son noble visageSe lisaient la fatigue‖ et l’ennui du voyage.Ému je m’approchai.‖ — « Je voudrais bien savoirOù vous allez si vite‖ et par ce ciel si noir ? »Il répondit pensif :‖ — « Je l’ignore moi-même.Le désir de changer‖ est mon besoin suprême,Et pour suivre toujours‖ cette invincible loi,Sans me tracer de but,‖ je vais droit devant moi. »
C’est la vie, oui la vie.‖ — Et notre humaine raceSuit presque à son insu‖ toujours la même trace.Elle va sans prévoir‖ l’incertain avenir,Semblant même parfois‖ ne pas se souvenir,Elle va devant elle ;‖ une main invisibleLui marque son sentier,‖ un sentier inflexible.Vainement nous sentons‖ nos forces se tarir,Il nous reste toujours‖ la force de souffrir ;Et nous devons marcher,‖ quand bien même avant l’âgeNous aurions la fatigue‖ et l’ennui du voyage.
VII
L’un cherche le mot‖ de toute sa vie,L’autre une espérance‖ à jamais ravie ;L’un chante son hymne‖ aux accords pieux,L’autre avec horreur‖ regarde les deux ;L’un attend la fleur‖ des belles chimères,L’autre n’a puisé‖ qu’aux coupes amères ;L’un meurt en doutant,‖ l’autre dans la foi…— Savants d’ici-bas,‖ savez-vous pourquoi ?
VIII
Heureux l’arbre ignoré‖ dans la forêt profonde !En ses vastes rameaux‖ il cache tout un mondeDe feuilles et de fleurs‖ et d’oiseaux gazouillants ;Le soleil pour sa cime‖ a des rayons brillants ;Et la mousse, à son pied‖ doucement arrondie,L’abrite quand, l’hiver,‖ la terre est refroidie.Chaque année il renaît‖ et peut, grâce au printemps,Reverdir, en dépit‖ des injures du temps.
L’homme n’a qu’un printemps‖ bien court, bien éphémèreEt comme son bonheur‖ sa jeunesse est chimère.Vainement il s’attache‖ à des biens décevants :Sa grâce et sa beauté‖ passent comme les vents.La vieillesse l’atteint‖ de ses glaces mortelles ;Et lorsqu’à ses regards‖ tout semble se ternir,Le printemps ne vient plus‖ couvrir de fleurs nouvelles— Comme l’arbre — son corps‖ qui ne peut rajeunir.
IX
Aux joncs amarrée,‖ auprès de la rive,Il est une barque‖ aux sombres couleurs.Le rameur est fort,‖ et quiconque arrive.Passera le lac‖ tout formé de pleurs ;
Le lac où chacun‖ répand une larme ;Le lac, dont l’aspect‖ inspire le deuil,Et que l’âme passe‖ avec grande alarmeQuand elle a laissé‖ le corps au cercueil.
Là ne volent point‖ les oiseaux agiles ;Là ne croissent pas‖ les riantes fleurs…Dans leur nudité‖ s’y dressent des îlesQu’effleure la barque‖ aux sombres couleurs.
Le jour et la nuit,‖ l’on pourrait entendreDe rauques sanglots,‖ des gémissements…Ici la fureur,‖ là. le soupir tendreQu’échangent dans l’air‖ les âmes d’amants.
Qu’ai-je dit ?… Au lac‖ des ondes funèbresIl n’est qu’une nuit,‖ il n’est plus de jour.Un soupir d’amant‖ parmi les ténèbres !Non, non, en ces lieux‖ il n’est plus d’amour.
On n’y sait plus rien‖ des choses passées.C’est vers l’inconnu‖ qu’on est emportéEt l’âme en tremblant‖ poursuit ses penséesDevant le grand seuil‖ de l’éternité !
X
Il est des êtres de mystèreQui n’apparaissent sur la terreQue pour souffrir et s’isoler ;
Il est d’heureuses créaturesQue chaque jour vient appelerVers des jouissances futures.
Les premiers gardent leur secretPas un plaisir ne les distraitDe leur route d’anachorète ;
Les secondes n’ont pas le tempsDe s’apprêter à la retraite,Car leur vie est un long printemps.
Mais le bonheur qui ne se fondeQue sur les ivresses du monde,Vaut-il un souhait, un seul vœu ?
Et n’est-elle pas plus fécondeCette paix qui nous vient de Dieu,Qu’un éclat qui dure si peu ?
XI
Avez-vous quelquefois,‖ dans les jours de tristesse,Interrogé tout bas‖ votre cœur qui battait ?Vous a-t-il dit pourquoi‖ tout lui pèse et le blesse,Vous a-t-il livré son secret ?
L’homme a des temps marqués‖ pour l’ardente folie,Puis vient à son chevet‖ un cortége d’ennuis ;Et son rire s’éteint‖ sous la mélancolie,Comme le soleil sous les nuits.
Ainsi l’ombre toujours‖ succède à la lumière,Au pouvoir la faiblesse,‖ au triomphe le deuil.C’est la leçon de Dieu,‖ que l’ange funéraireÉcrit sur le bois d’un cercueil.
XII
J’aime à voir sur le bord‖ d’un chemin bien agresteUne humble croix qui dit :‖ « Passants, inclinez-vous ! »Dans les rares pays‖ où la croyance reste,Le voyageur s’arrête‖ et se met à genoux ;Car en apercevant,‖ près du champ solitaire,Le signe vénéré‖ du salut de la terre,Il comprend que Dieu même‖ a pris soin de marquerLa place où ses enfants‖ le viendraient invoquer.Noble élan de la foi,‖ chère et sainte coutume,D’un sublime passé‖ témoignage posthume !A ces croix du chemin,‖ autrefois nos aïeuxApportaient leur hommage‖ et leurs présents pieux ;Quand ils allaient aux champs,‖ ils ouvraient la journéeEn priant ; et le soir,‖ leur tâche terminée,Rendaient grâces à Dieu,‖ qui, d’un éclat vermeil,Avait sur les moissons‖ fait luire le soleil.
Oui, cette croix de bois‖ surmontant la campagneAnnonce que partout‖ le ciel nous accompagne,Et qu’il n’est pas besoin‖ de temples fastueuxPour que le Créateur‖ daigne entendre nos vœux.Le Christ, enfant du peuple‖ et né dans une étable,Reprend ici pour moi‖ sa forme véritable.Que de fois, m’égarant,‖ afin de mieux rêver,Sur son haut Golgotha‖ je crus le retrouver,Lorsque m’apparaissait‖ quelque naïve image,Œuvre due au ciseau‖ d’un sculpteur de village !Et je pensais alors‖ qu’il est doux de sentir,Au plus profond du cœur,‖ l’amour du Dieu martyr,Et de savoir comprendre‖ un sublime symboleQui nous instruit heureux,‖ et souffrants nous console.
On m’a dit que, parfois,‖ cette croix, au passant,Indiquait la justice‖ et le rachat du sang,Lorsque des meurtriers‖ avaient, à cette place,Égorgé l’innocent‖ qui leur demandait grâce !Tel est ton sens, ô croix !‖ qui, dressée en ce lieu,Est le premier avis‖ des sentences de Dieu !Dans ta simplicité,‖ ta nudité rustique,Tu produis sur mon cœur‖ un effet magnétique ;Et lorsqu’autour de moi‖ ne s’élève aucun bruit,Quand le soleil se couche‖ et fait place à la nuit,Sur, l’horizon brumeux‖ voyant la croix dressée,Chactas, le père Aubry,‖ s’offrent à ma pensée…N’est-ce pas le désert‖ où l’ermite se plutA planter de ses mains‖ le signe du salut ?Sans doute le vieillard‖ n’est pas loin… Au sauvage,Veuf de sa bien-aimée,‖ il prêche le courage…Bientôt il va venir,‖ au pied du crucifixReprendre de la force‖ en songeant à son fils…
Mais qui peut de la croix‖ s’approcher à cette heure ?Une femme !… Elle est jeune,‖ elle est belle, elle pleure…Pauvre enfant qui gémis,‖ quel bien veux-tu ravoir ?Est-ce l’honneur perdu ?‖ n’est-ce encor que l’espoir ?Va, je respecterai‖ ta tristesse naïve,Je le laisse élever‖ ta prière plaintive,Ton secret, sans danger,‖ de ton cœur sortira,Parle et verse tes pleurs,‖ — car Dieu seul t’entendra.
XIII
La vie est une archeQui flotte toujours,Emportant nos jours…Car tout marche.
On voit les humainsÉtendre les mainsVers les biens d’une heure.Et tout pleure.
On les voit, haineux,Pour un peu de placeS’égorger entre eux…Quand tout passe.
Parfois le bonheurParaît sans mélangeRéjouir le cœur. .Mais tout change.
Combattre le sortEst une folie ;Arrive la mort…Tout, s’oublie.
XIV
Pourquoi, lorsque l’homme succombeDans le mal profond de l’ennui,Ne sort-il jamais de la tombeUne voix qui parle avec lui ?Pourquoi dans la nuit éternelleNotre raison demeure-t-elle ?Pourquoi ces ténèbres sans fin ?Faut-il donc avoir cessé d’êtrePour voir par l’âme et pour connaître ?Faut-il mourir pour vivre enfin ?…
XV
Où serait le bonheur‖ dans la terrestre vie,Si l’homme ne croyait‖ que par l’éternité ?Elle sera suivieComme le froid hiver‖ est suivi par l’été.
Mais que serait-ce donc‖ si la vie en ce mondeDevait durer toujours,Et si Dieu n’endormait‖ dans une nuit profondeLes orages des jours ?
XVI
Vous tous, ô doux rêveurs,‖ qui, pour votre infortune,Évitez les sentiers‖ d’une foule importune ;Poëtes, qui suivez‖ soit une vision,Soit une étoile aux cieux —‖ ou mystère ou rayon, —Vous êtes les enfants‖ d’une même famille ;Tous vous portez au front‖ l’auréole qui brille ;Vous avez senti tous‖ la haine et le méprisAu bruit de votre nom‖ soulever les esprits.Mais vous les dédaignez,‖ ces clameurs de la foule ;Vous la laissez passer,‖ cette orageuse houle ;Jamais on ne vous voit,‖ vers l’abîme baissésPour apaiser la foule‖ et ses flots courroucés :Car vous êtes bien haut,‖ plus haut que la tempête,Et l’aile de l’archange‖ effleure votre tête.Rêveurs, votre génie‖ et votre adversitéOnt fait entre vous tous‖ une fraternité.Qui vous disputerait‖ ce beau titre de frèresQue vous payez toujours‖ par les mêmes misères ?
XVII
Est-il vrai ? Cette vie‖ est-elle une imposture ;Ce monde, un grand théâtre‖ où chaque créatureS’en vient — tout humblement —‖ ou bien avec hauteurSous quelques oripeaux‖ prendre un masque d’acteur ?Faisons-nous une vive‖ et folle comédie,Qu’interrompt un éclat‖ de noire tragédie ?Ne voit-on pas le rire‖ humecté par des pleursEt le fard obscurci‖ par de sombres couleurs ?Yorick, pauvre bouffon‖ qui, de ta voix joyeuse,Décochais, comme un dard,‖ l’épigramme railleuse ;Yorick, ton crâne roule‖ au gré du fossoyeur ;Le fou du roi n’est plus‖ qu’un objet de frayeur.— Et toi, rêve d’amour‖ et de mélancolie,Où vas-tu t’égarer,‖ innocente Ophélie ?Tu vivais pour aimer…‖ Quel philtre, quel poisonA troublé ton bonheur‖ et terni ta raison ?— Prince de Danemarck,‖ Hamlet, quel est ton rôle !Tu dois mentir ton âme‖ et fausser ta parole.Tu ris… On ne voit pas‖ que tu grinces des dents ;On ne voit pas tes pleurs‖ qui tombent en dedans.Oui, la vie est ainsi :‖ la joie et la tristesseDoivent, comme deux sœurs,‖ s’y coudoyer sans cesse ;Et nul n’en connaîtrait,‖ s’il ne sait lire au fond,L’arcane lamentable‖ et le dehors bouffon.
XVIII
Pâle flambeau des soirs,‖ qui veilles sur le monde,Quand le soleil couchant‖ est descendu dans l’onde,Compagnon du sommeil,‖ astre silencieux,Te voici ! tu reprends‖ ta place au haut des deux.
Ainsi, lorsque la nuit‖ a déployé ses voiles,Évoquant aussitôt‖ ton cortège d’étoiles,Dans l’espace azuré‖ tu montes doucement,Et ta chaste lumière‖ emplit le firmament.
Tes rayons, en glissant‖ sur l’orbe de la terre,Semblent enveloppés‖ de deuil et de mystère ;S’ils ramènent le calme,‖ ils apportent l’effroi…On a peine à comprendre‖ un feu qui reste froid.
J’aime quand, tout se tait.‖ Du fond de ce silenceLe cœur religieux‖ avec ardeur s’élance :Sans rencontrer d’obstacle il monte à l’Éternel ;Car la nuit n’a pas d’ombre‖ alors qu’on voit le ciel.
A ton aspect pourtant,‖ une tristesse amieSaisit l’âme devant‖ la nature endormie ;Tu gardes les secrets‖ qui redoutent le jour ;Tu caches le malheur‖ et protéges l’amour.
C’est l’heure où l’aveu tendre‖ a de mystiques ; charmes,C’est l’heure où l’orphelin‖ laisse couler ses larmes.Les couples bien unis‖ s’en vont sous les grands bois,L’homme éprouvé s’enfuit‖ loin du bruit et des voix.
Oh ! que de fois l’amant,‖ que de fois le poëteOnt invoqué Phœbé,‖ la déesse muette,Qui, sans les écouter,‖ va d’un pas diligent,Belle de majesté‖ sous son bandeau d’argent !
Sur le faîte des tours‖ qui surmontent nos villes,Sur les marais dormants‖ et sur les champs fertiles,Descends, rayon si pur ;‖ visite les tombeauxLa nuit réserve aux morts‖ ses funèbres flambeaux.
XIX
Ils ont vécu… Mon œil‖ interroge leurs traces.Ils dorment maintenant‖ le sommeil éternel ;Et s’ils se réveillaient,‖ sur leurs livides facesLe monde en frémissant‖ verrait le doigt mortel.
Ils ont aimé… Jadis‖ dans leur âme brûlanteLe choc des passions‖ produisit des combats ;Leur lèvre eut les accents‖ de la langue éloquenteQue les couples heureux‖ savent parler tout bas.
Ils ont souffert… Ils ont‖ traversé notre vieDans l’épreuve du sort,‖ les yeux mouillés de pleurs.De nous ou d’eux, lesquels‖ sont plus dignes d’envie ?Eux qui nous ont laissé‖ le fardeau des douleurs !
XX
Savez-vous où l’on trouve‖ un bonheur sans mélange ?Est-ce au sein de l’enfance,‖ à l’ombre du berceau ?On dit que c’est au ciel,‖ sous les ailes de l’ange.Le mot de cette énigme‖ est donc dans le tombeau !
Ah ! si l’on aime encore,‖ et si l’on se rappelleDans le mystérieux‖ et céleste séjour,N’est-il pas des tourments‖ pour une âme fidèleQui, même près de Dieu,‖ garde l’ancien amour ?
Quoi ! dans l’azur des cieux‖ comme dans notre fangeL’âme ne peut passer‖ sans tache et sans douleursIl n’est donc nulle part‖ de bonheur sans mélange…On croit que les élus‖ versent parfois des pleurs.
XXI
Ami, suivons tous deux‖ le bord de la colline,Et rêvons de la mort‖ quand le soleil décline.Phœbé sur l’horizon‖ se lève doucement,Et sa blonde lumière‖ emplit le firmament.
Pensons à nos chéris,‖ dont la pieuse étreinteNous donnait autrefois‖ la félicité sainte ;Mais quand un deuil profond‖ s’appesantit sur nous,Ils ont l’âme plus calme‖ et le sommeil plus doux.
Sur l’immense Océan,‖ dans les lointaines îles,Il est des havres sûrs,‖ il est des ports tranquillesOù le vent n’a jamais‖ poursuivi les vaisseaux…On trouve cet abri‖ dans le sein des tombeaux.
Là cessent les soucis,‖ les veilles dévorantes ;Là se sèchent les pleurs‖ dont s’humectent nos yeux ;Là finit le chemin‖ des familles errantes,Et le pauvre s’y place‖ au rang des plus heureux.
Surtout on n’y voit pas‖ les tempêtes des villesEt les convulsions‖ de nos guerres civiles ;On échappe à l’horreur‖ d’un siècle dépravéQui pour chef a le sabre,‖ et pour trône un pavé.
Comme l’air à présent‖ est lourd et délétère !Quel spectacle hideux‖ nous présente la terre !Les hommes ne sont plus‖ que des loups dévorants ;Au cri de liberté‖ se lèvent des tyrans.
Leur âme, où l’athéisme‖ a fait un large vide,De plaisirs seulement,‖ de bien-être est avide.Le fusil à la main‖ ils se disputent l’or,Et quand ils l’auront pris,‖ ils se battront encor.
Dans la source où la muse avait trempé son aileIls jettent le. poison,‖ d’une main criminelle.Ils ont anéanti‖ jusqu’à l’illusion,Et sous leur pied brutal‖ meurt l’inspiration.
Ce tumulte incessant,‖ ce mouvement de houleEt ce culte insensé‖ que l’on rend à la fouleOnt perdu sans retour‖ la raison des mortels :Le droit tombe où la force‖ élève ses autels.
Oh ! fuyons ce tableau‖ navrant pour le poëte,Cherchons, hors des cités,‖ quelque agreste retraite ;Allons, allons vers Dieu,‖ notre suprême appui :De notre affliction‖ le remède est en lui.
Laissons la multitude‖ envahir chaque place,Laissons les carrefours‖ vomir leur populace,Et loin des passions‖ de ces fous pleins de fielRêvons les oasis‖ que nous promet le ciel.
Le poète autrefois‖ était presque un apôtre,Mais qui l’écouterait ?‖ — Ce temps n’est plus le nôtre,Car nous sommes de trop‖ dans ces jours de combats,Et quand nous parlerions‖ on ne comprendrait pas.
Suivons, suivons tous deux‖ le bord de la collineEt rêvons… Le soleil‖ dans la vapeur décline,Phœbé sur l’horizon‖ se lève doucement— Ton œuvre est, ô mon Dieu !‖ belle éternellement !
XXII
La chair est le tyran de l’âme :C’est son appétit sensuelQui fait, dans notre monde infâme,Trôner un dieu matériel.La passion qui nous consumeEst une torche qui s’allumeAu foyer mortel de l’enfer ;Et notre siècle qui s’y voueEt s’enorgueillit dans la boue,N’est plus même un siècle de fer.
L’esprit, cette essence trop pure,Trop chaste pour un temps blasé,N’est, au cœur de la créature,Qu’un luth sans voix et comme usé.Son chant déplairait à la terre ;Dans notre bruit il doit se taire ;Ses accents sont trop beaux pour nous.La Volupté règne en ce monde,Et devant son idole immondeNous brûlons l’encens à genoux.
Pourtant, insensés, prenez gardeA la leçon de l’avenir.Songez que Dieu qui vous regardePar vous-mêmes veut vous punir.Un jour, dans l’ivresse des fêtesVous sentirez fléchir vos têtes,Et la force vous manquera.Alors de l’esprit qui consoleVous invoquerez la parole…Mais en vous l’esprit se taira.
XXIII
Mon âme est triste, hélas !‖ triste jusqu’à la mort.Qu’ai-je fait pour plier‖ sous le poids qui m’accable ?Cette âme qui me ronge‖ est libre de remord ;Je souffre, et cependant‖ je ne suis pas coupable.
J’éprouve les frissons‖ qu’apporte un vent du nord,Cet ennui qu’on ressent‖ quand l’hiver lamentableEn sifflements aigus‖ nous annonce la mortQui frappe à notre seuil,‖ convive redoutable.
O sombre ennui du cœur,‖ crainte de l’avenir,Pressentiments de deuil,‖ qui font que l’on frissonne,Ah ! de grâce, rompez‖ le cercle monotone
Où, comme un prisonnier,‖ je me vois retenir.Si je dois succomber,‖ en proie au souvenir,Que vile dans l’hiver‖ descende mon automne.
XXIV
Lorsque revient le jour,‖ sa lumière importuneMes yeux qu’ont fatigués‖ les pleurs de l’infortune.Je voudrais retenir‖ le sommeil… car, hélas !Je suis las, oui bien las.
Les heures lentement‖ se traînent ; la journée —Siècle entier — n’est jamais‖ assez tôt terminée.Isolé désormais,‖ vivant pour le devoir,J’attends, j’attends le soir.
Et puis le soir revient‖ sans rien rendre à mon âme.Je sens que ma jeunesse‖ a perdu toute flamme ;Et le Malheur, posant‖ sur moi sa lourde main,Me murmure : « A demain ! »
XXV Prière A l’ange gardien
Vous qui nous accueillez‖ dans la sainte phalangeOù les âmes en paix‖ échangent leurs baisers,Abaissez vos regards,‖ et priez, ô bon Ange,Non pour les cœurs heureux,‖ — mais pour les cœurs brisés.
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 156[aa] 1[ababccb] 41[abab] 10[abba] 1[aababb] 1[abbaab]
- Mètre
- Vers de 12, 8 et 10 syllabes (387 de 12, 64 de 8, 60 de 10, 15 de 5, 6 de 6, 5 de 3)· profil 8, 5, 3, 6, 6+6, 5+5
- Mots à la rime
- a âme / blâme féminine, classiquea exposé / méprisé masculine, classiquea pensée / traversée féminine, classiquea encor / d’or masculine, classiquea comtesse / laisse féminine, classiquea mers / amers masculine, classiquea l’exil / flamme / femme féminine, classiquea courir / souffrir masculine, classiquea vallées / isolées féminine, classiquea ruisseau / l’eau masculine, classiquea l’âge / paysage féminine, classiquea s’endort / encor masculine, non classiquea villes / tranquilles féminine, classiquea repos / chaos masculine, classiquea ceinture / nature féminine, classiquea jardin / l’Éden masculine, classiquea Seine / pleine féminine, classiquea fleuri / Satory masculine, classiquea vallée / voilée féminine, classiquea Fontenay / d’Aulnay masculine, classiquea l’élégance / l’extravagance féminine, classiquea Paris / surpris masculine, classiquea villages / feuillages féminine, classiquea jour / séjour masculine, classiquea poche / reproche féminine, classiquea chemin / main masculine, classiquea poésie / fantaisie féminine, classiquea ardent / confident masculine, classiquea intime / l’imprime féminine, classiquea FIRMIN / demain masculine, classiquea route / j’écoute féminine, classiquea pas / bas masculine, classiquea s’élabore / s’ignore féminine, classiquea loi / moi masculine, classiquea moi-même / j’aime féminine, classiquea désormais / l’aimais masculine, classiquea blasphème / d’anathème féminine, classiqueb soumets / fait / bienfait masculine, non classiquec voie / joie féminine, classiquea présente / complaisante féminine, classiqueb désirs / plaisirs masculine, classiquea frivole / s’envole féminine, classiqueb sauvé / rêvé masculine, classiquea route / doute féminine, classiqueb baissés / passés masculine, classiqueb l’amour / jour masculine, classiqueb port / mort masculine, classiquea plantée / emportée féminine, classiqueb couleurs / fleurs masculine, classiquea feuille / cueille féminine, classiqueb paix / bénissais masculine, classiquea l’herbe / superbe féminine, classiqueb voir / l’abattoir masculine, classiquea hardie / l’incendie féminine, classiqueb tour masculine, classiquea l’étendue / nue féminine, classiqueb soin / loin masculine, classiquea caprice / glisse féminine, classiqueb nous / genoux masculine, classiquea retombe / tombe féminine, classiqueb effrois / voix masculine, classiquea matins / lointain masculine, classiqueb brillantes / riantes féminine, non classiquea courage / tous / orage féminine, classiqueb lutteur / ardeur masculine, classiquea visage / voyage féminine, classiquea savoir / noir masculine, classiquea moi-même / suprême féminine, classiquea race / trace féminine, classiquea avenir / souvenir masculine, classiquea invisible / inflexible féminine, classiquea tarir / souffrir masculine, classiquea l’âge / voyage féminine, classiquea vie / ravie féminine, classiquea pieux / deux masculine, classiquea chimères / amères féminine, classiquea foi / pourquoi masculine, classiquea profonde / monde féminine, classiquea gazouillants / brillants masculine, classiquea arrondie / refroidie féminine, classiquea printemps / temps masculine, classiquea éphémère / chimère féminine, classiquea décevants / vents masculine, classiquea mortelles / nouvelles féminine, classiqueb ternir / rajeunir masculine, classiquea rive / arrive féminine, classiqueb couleurs / pleurs masculine, classiquea larme / alarme féminine, classiqueb deuil / cercueil masculine, classiquea agiles / îles féminine, classiqueb fleurs / couleurs masculine, classiquea entendre / tendre féminine, classiqueb gémissements / d’amants masculine, classiquea funèbres / ténèbres féminine, classiqueb jour / d’amour masculine, classiquea passées / pensées féminine, classiqueb emporté / l’éternité masculine, classiquea mystère / terre féminine, classiquea s’isoler / appeler masculine, classiqueb créatures / futures féminine, classiquea secret / distrait masculine, classiquea d’anachorète / retraite féminine, classiqueb temps / printemps masculine, classiquea fonde / monde / féconde féminine, classiqueb vœu / Dieu / peu masculine, classiquea tristesse / blesse féminine, classiqueb battait / secret masculine, classiquea folie / mélancolie féminine, classiqueb d’ennuis / nuits masculine, classiquea lumière / funéraire féminine, classiquea agreste / reste féminine, classiqueb inclinez-vous / genoux masculine, classiquea solitaire / terre féminine, classiquea marquer / invoquer masculine, classiquea coutume / posthume féminine, classiquea aïeux / pieux masculine, classiquea journée / terminée féminine, classiquea vermeil / soleil masculine, classiquea campagne / accompagne féminine, classiquea fastueux / vœux masculine, classiquea étable / véritable féminine, classiquea rêver / retrouver masculine, classiquea image / village féminine, classiquea sentir / martyr masculine, classiquea symbole / console féminine, classiquea passant / sang masculine, classiquea place / grâce féminine, classiquea lieu / Dieu masculine, classiquea rustique / magnétique féminine, non classiquea bruit / nuit masculine, classiquea dressée / pensée féminine, classiquea plut / salut masculine, classiquea sauvage / courage féminine, classiquea crucifix / fils masculine, classiquea heure / pleure féminine, classiquea ravoir / l’espoir masculine, classiquea naïve / plaintive féminine, classiquea sortira / t’entendra masculine, classiquea arche / marche féminine, classiqueb toujours / jours masculine, classiquea humains / mains masculine, classiquea haineux / eux masculine, classiqueb place / passe féminine, classiquea bonheur / cœur masculine, classiqueb mélange / change féminine, classiquea sort / mort masculine, classiqueb folie / s’oublie féminine, classiquea succombe / tombe féminine, classiqueb l’ennui / lui masculine, classiquea éternelle / demeure-t-elle féminine, classiquea fin / enfin masculine, classiqueb d’être / connaître féminine, classiquea vie / suivie féminine, classiqueb l’éternité / l’été masculine, classiquea monde / profonde féminine, classiquea infortune / importune féminine, classiquea vision / rayon masculine, classiquea famille / brille féminine, classiquea mépris / esprits masculine, classiquea foule / houle féminine, classiquea baissés / courroucés masculine, classiquea tempête / tête féminine, classiquea adversité / fraternité masculine, classiquea frères / misères féminine, classiquea imposture / créature féminine, classiquea hauteur / d’acteur masculine, classiquea comédie / tragédie féminine, classiquea pleurs / couleurs masculine, classiquea joyeuse / railleuse féminine, classiquea fossoyeur / frayeur masculine, classiquea mélancolie / Ophélie féminine, classiquea poison / raison masculine, classiquea rôle / parole féminine, classiquea dents / dedans masculine, classiquea tristesse / cesse féminine, classiquea fond / bouffon masculine, classiquea monde / l’onde féminine, équivalentea silencieux / deux masculine, classiquea voiles / d’étoiles féminine, classiquea doucement / firmament masculine, non classiquea terre / mystère féminine, classiquea l’effroi / froid masculine, classiquea silence / s’élance féminine, classiquea l’Éternel / ciel masculine, classiquea amie / endormie féminine, classiquea jour / l’amour masculine, non classiquea charmes / larmes féminine, classiquea bois / voix masculine, classiquea poëte / muette féminine, classiquea diligent / d’argent masculine, classiquea villes / fertiles féminine, classiquea tombeaux / flambeaux masculine, classiquea traces / faces féminine, classiqueb éternel / mortel masculine, classiquea brûlante / éloquente féminine, classiqueb combats / bas masculine, classiquea vie / d’envie féminine, classiqueb pleurs / douleurs masculine, classiquea mélange / l’ange féminine, classiqueb berceau / tombeau masculine, classiquea rappelle / fidèle féminine, classiqueb séjour / amour masculine, classiquea fange / mélange féminine, classiqueb douleurs / pleurs masculine, classiquea colline / décline féminine, classiquea étreinte / sainte féminine, classiquea nous / doux masculine, classiquea îles / tranquilles féminine, classiquea vaisseaux / tombeaux masculine, classiquea dévorantes / errantes féminine, classiqueb yeux / heureux masculine, classiquea villes / civiles féminine, classiquea dépravé / pavé masculine, classiquea délétère / terre féminine, classiquea dévorants / tyrans masculine, classiquea vide / avide féminine, classiquea l’or / encor masculine, classiquea aile / criminelle féminine, classiquea l’illusion / l’inspiration masculine, classiquea houle / foule féminine, classiquea mortels / autels masculine, classiquea poëte / retraite féminine, classiquea appui / lui masculine, classiquea place / populace féminine, classiquea fiel / ciel masculine, classiquea apôtre / nôtre féminine, classiquea combats / pas masculine, classiquea doucement / éternellement masculine, classiquea l’âme / infâme féminine, classiqueb sensuel / matériel masculine, classiquea consume / s’allume féminine, classiquea l’enfer / fer masculine, classiqueb voue / boue féminine, classiquea pure / créature féminine, classiqueb blasé / usé masculine, classiquea terre / taire féminine, classiqueb monde / immonde féminine, classiquea garde / regarde féminine, classiqueb l’avenir / punir masculine, classiquea fêtes / têtes féminine, classiquea manquera / taira masculine, classiqueb console / parole féminine, classiquea mort / remord masculine, classiqueb m’accable / coupable féminine, classiquea nord / mort masculine, classiqueb lamentable / redoutable féminine, classiquea l’avenir / retenir / souvenir masculine, classiqueb frissonne / monotone / automne féminine, classiquea importune / l’infortune féminine, classiquea hélas / las masculine, classiquea devoir / soir masculine, classiquea âme / flamme féminine, classiquea main / demain masculine, classiquea phalange / Ange féminine, classiqueb baisers / brisés masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.1
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
537 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La comédie du monde, Paris, Comptoir des imprimeurs-unis, 1851· numérisation gallica.bnf.fr· Sources