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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

La comédie du monde, 1851

II. Une soirée rue saint jacques

Alfred de Essarts· distiques, alexandrins surtout, 582 vers

Nous sommes maintenant‖ chez Caron.— Quel Caron ?Ce n’est pas le nocher‖ de l’avare Achéron ;Ne voyez point en lui‖ quelque vivant symbole,Mais un chétif auteur‖ très-fort sur l’hyperbole ;Un pauvre diable ayant‖ jusqu’à ce jour vécuEntre son dernier rêve‖ et son dernier écu ;Peu scrupuleux, toujours‖ flairant une ressource,Dût-il vendre son âme‖ afin d’emplir sa bourse ;Tout juste honnête assez‖ pour fuir les mauvais pas,Mais excusant tout haut‖ ce qu’il ne ferait, pas ;S’obstinant à ne voir‖ dans la nature entièreQue l’aveugle hasard‖ d’une vile matière,Et disant que l’on doit‖ par conséquent saisirLe plus tôt qu’on le peut‖ fortune, honneurs, plaisir.Tel est l’ami Caron.‖ Expulsé d’un collégeOù d’être surveillant‖ il eut le privilége,Il se fit tour à tour‖ acteur, saint-simonien,Enfin littérateur,‖— ne pouvant être rien.C’est un état fâcheux,‖ il me faut bien le dire :Quand on ne sait que faire‖ on s’avise d’écrire.Laissant de côté l’art,‖ on risque le métier.Quel peuple que celui‖ de nos gâte papier !Depuis qu’en feuilletons‖ le roman se divise,Ainsi que la galette‖ on vend la marchandise,Et mille écrivailleurs‖ torturent leur cerveauAfin d’alimenter‖ ce commerce nouveau.Le prix est tarifé :‖ dix centimes la ligne.A suivre ce sentier‖ le talent se résigne,Heureux quand il n’a point‖ à supplier en vainUn journaliste obscur,‖ un ignare écrivainQue le hasard a fait‖ juge en littératureEt qui, s’il ne sait rien,‖ du moins tranche et rature !Cet aveugle niveau‖ qu’on nomme égalitéA mis au premier rang‖ la médiocrité.Pour la fécondité‖ Caron tient une plumeQui ne peut s’arrêter‖ qu’à la fin d’un volume.Sur tout sujet il broche‖ un livre subitò,Et pour dix éditeurs‖ travaille incognito.Les Mémoires surtout‖ ont exercé sa verve ;Il n’est pas une idée,‖ un principe qu’il serve.Il a fait les Récits‖ d’un vieux comte, Émigré ;Plus tard, les Souvenirs‖ d’un modeste Curé,Ceux d’un Comédien,‖ ceux d’un Bonapartiste,D’un Conventionnel,‖ du Bourreau, d’un Artiste.Chaque gouvernement‖ par Caron est choyé,Et tout lui semble bien,‖ pourvu qu’il soit payé ;Tout pour lui se résume‖ en quelque bonne somme ;C’est le besoin du gain,‖ le cynisme fait homme.Nous en disons beaucoup‖ peut-être ; mais sachezQu’il existe chez nous‖ bien des Carons cachés,Et l’on ne saurait trop‖ flétrir cette vermineQui dévore sans cesse,‖ au nom de sa famine,Voile sous l’air artiste‖ un désordre honteux,Traîne dans les cafés‖ ses jours nécessiteux,En empruntant partout‖ vante sa poésie,Et confond la Bohême‖ avec la Fantaisie.Caron, d’ailleurs, n’est pas‖ un trop méchant garçon.Il aime à plaisanter,‖ il agit sans façon,Et certe il n’a pas fait‖ grande cérémoniePour réunir chez lui‖ vingt hommes de génie.Il va, vient, fait des bonds‖ de sa chambre au palier,Et, penché sur la rampe,‖ éclaire l’escalier.« — Arrivez, chers enfants‖ de la docte Montagne !J’ai du feu… Ma fontaine‖ est pleine de Champagne.Près de mon poêle assis,‖ nous nous partageronsTrès-fraternellement‖ quelques cents de marrons.Venez dans mon grenier ;‖ ni marbre ni peintureN’en ornent les lambris…‖ Chez nous tout est nature. »Oh ! si l’on eût pu voir‖ dans le fond de son cœurEt bien interpréter‖ son sourire moqueur,On eût lu des discours‖ d’une tout autre sorte.Notre homme se disait :‖ « — Ah ! que le diable emporteMon métier !… Sot métier !‖… Quand pourrai-je, à mon tour,Trancher du personnage‖ auprès des grands du jour ?Que n’ai-je des amis‖ utiles !… Qu’il me tardeDe jeter ma besace‖ au fond de ma mansarde ! »Mais il rit et folâtre,‖ et ce soir il a misSon habit chocnosophe‖ en l’honneur des amis.« — Ah ! voici Duriveau,‖ notre grand statuaire,Qui doit faire à Pradier‖ une assez rude guerre. —En attendant, mon cher,‖ lui répond Duriveau,Il a de la commande,‖ et je n’ai qu’un ciseau.— Patience, ton tour‖ viendra. Bonsoir, Bardoche.Messieurs, voici mon peintre.‖ Ah ! jamais DelarocheN’eut de ces paletots‖ que le temps outragea.Bardoche est inconnu,‖ mais qu’il est grand déjà !— Tu me flattes, mon bon,‖ et je t’en remercie ;Garde tes beaux discours‖ pour l’aristocratie.Oui, j’ai de la couleur…‖ et souvent peu de pain. —Trouve donc au Trésor‖ un seul nom de rapin !— Il est vrai qu’en trouver‖ serait un grand miracle,Dit Bardoche ; nos fonds‖ sont toujours en débâcle.— Oh ! déclama Caron,‖ pour devenir rentierFaut-il donc être né‖ dans un trou d’épicier !Comme au sein de l’oubli,‖ de l’abandon coupable,Toujours reste plongé‖ le talent véritable ;Et comme en tous les temps,‖ il reçut pour seul prix,De la part du Pouvoir,‖ l’injure du mépris !Un ministre, fût-il‖ réputé démocrate,Ne tend jamais sa main‖ qu’à la main qui le flatte.A grand’peine eussiez-vous‖ labouré votre champ,Fussiez-vous un esprit‖ bon, sincère, touchant,Si vous ne recrutez‖ des protecteurs, des guides,Et si vous réclamez‖ sous des dehors timides,On vous repoussera ;‖ dans l’ombre de l’oubliVotre nom descendra,‖ bientôt enseveli ;Vous verrez l’impudeur‖ s’unir à la fortune,Et la croix décorer‖ la bassesse importune. »Forbain venait d’entrer :‖ un petit carabinAu front chauve, au long nez‖ crochu comme un rabbin,Possédé du besoin‖ de quelque bonne affaire,Ne voulant pas s’astreindre‖ aux sentiers du vulgaire,Et qui, dans les complots‖ de club et de journal,Rêvait la guérison‖ de l’ordre social.Coquerel arriva,‖ — puis Duhart, — puis Tactyle,Puis Mazet, — puis Saubot,‖ — cinq ouvriers en style,Qui dans quelque journal‖ bien malsain, bien obscur,Embusqués, — comme l’est‖ un bandit contre un mur,Jettent à tout succès,‖ dont leur rage s’anime,Le fiel et le venin‖ d’une bave anonyme,Outragent le bon sens,‖ le talent, la raison,Et font pour tout venant‖ cuisine de poison.« — Eh ! bonsoir, Fortunat ; d’où reviens-tu ?— Du Caire,Pour exploiter l’Égypte.— Ah ! brave, Saint-Macaire,Vaudevilliste aimé‖ naguère à BobineauEt qui rive sa chaîne‖ à ce premier anneau.— Tu dis vrai, cher Caron.‖ Deux femmes très-joliesVont me faire passer‖ une pièce aux Folies.— Un bon commencement !‖… Nous irons t’applaudir,Et j’aurai des battoirs‖ capables d’assourdir.Tu dis donc, Fortunat ?— Que j’arrive d’Afrique.— L’Égypte est un pays‖ curieux, magnifique.— Superbe, j’en conviens ;‖ mais sous ce ciel d’airainPeu de manne est promise‖ au pauvre pèlerin.— Parle sans métaphore.— Eh bien ! la chose est claire.J’ai visité l’Égypte,‖ et n’ai pas fait d’affaire.— Quoi ! dit Caron, ce peuple‖ est si fort encroûté,Qu’il ferme son oreille‖ à toute nouveauté ?On assure pourtant‖ que Méhémet proclameLe progrès…— Il est turc‖ au plus profond de l’âme ;Oui, le progrès lui plaît‖ s’il fait, dans son trésor,Par l’accaparement‖ ricocher beaucoup d’or.Sous ses yeux j’avais mis‖ des projets admirablesQu’il n’a pas appliqués.— Étaient-ils applicables ? »Demanda Saint-Macaire‖ avec un air bénin.Fortunat, lui lançant‖ un regard léonin,S’écria :« — S’ils étaient‖ applicables ! Je jureQu’en douter seulement‖ serait me faire injure.— Oh ! ne te fâche pas,‖ lui dit Caron, tu saisQue l’on est toujours froid‖ pour de simples essais.— A présent c’est fini.‖ Vive la Commandite,Le seul moyen de vaincre‖ une chance maudite !De quelle utilité‖ cette mode est pour nous !Car s’il est bien des sots,‖ il n’est pas moins de fous.L’appel a retenti…‖ Vite l’actionnaireApporte confiant‖ son argent débonnaire ;Et pour s’associer‖ à ce jeu de hasard,La foule des naïfs‖ craint d’arriver trop tard.Messieurs, écoutez bien,‖ j’ai mon plan dans ma tête…— Eh ! bonsoir, Paul Firmin.‖ C’est notre grand poëte !Il se souvient de nous…‖ Célébrons son retour…Avec beaucoup de craie‖ il faut marquer ce jour. »Tous redirent en chœur‖ ce vivat d’allégresse ;Paul Firmin étouffait‖ sous ce flux de tendresse,Tandis que Fortunat,‖ vexé comme un renardQu’une poule aurait pris,‖ se mettait à l’écartEt murmurait :— « Les sots !‖ ils ne sauraient comprendre.Ignorants à plaisir,‖ ils auraient peur d’apprendre ;Un homme tel que moi‖ doit passer incompris,Qu’il parte pour l’Égypte‖ ou qu’il reste à Paris. »Qu’est-ce que Paul Firmin ?‖ Un poëte.— Ah ! de gräceS’écrira le lecteur,‖ que voulez-vous qu’on lasseD’un poëte de plus‖ dans ce temps où les versSont, ainsi que les arts,‖ un dangereux travers !Allez-vous revêtir‖ ce nouveau personnageD’un costume excentrique‖ et d’un pâle visage ?Vous qui pour vos péchés‖ êtes limeur, Alfred,Allez-vous nous offrir‖ un Werther, un Manfred ?— Lecteur, rassurez-vous ;‖ mon poëte n’aspireQu’à plaire à ses amis.‖ Un soldat de l’EmpireFut son père ; en mourant‖ le vieillard lui laissaDes souvenirs d’honneur‖ que sa voix lui traça ;De plus, — ce qui n’est pas‖ tout à fait inutile,— De gentils revenus‖ à manger dans la ville.Paul Firmin a du cœur ;‖ il est franc, et toujoursOn trouve près de lui‖ bon conseil et secours.Simple, artiste avant tout,‖ il aime la campagne ;Dans ses excursions‖ la muse l’accompagne ;Un bâton à la main,‖ la blouse sur le dos,Il parcourut l’Europe ;‖ il en revint dispos,Ayant dans son carton‖ enfoui bien des pagesEt cueilli sur sa route‖ et vers et paysages.On dirait, à le voir,‖ que jamais un chagrinN’a creusé d’un seul pli‖ son front large et serein.Si Paul Firmin n’est pas‖ de ceux que l’on renomme,On chercherait en vain‖ lin plus digne jeune homme.Ne vous étonnez point‖ de l’amical hourraDont l’étrange assemblée‖ en masse l’honora.La plupart lui devaient‖ de l’argent ; et sans doutePaul Firmin se disait‖ tout bas ce qu’il en coûtePour être populaire‖ auprès de ses amis.De cette ovation‖ étant enfin remis,Il alla dans un coin‖ allumer son cigare,Se jeta sur un siége,‖ et loin de la bagarre,Loin des cartes, des pots‖ de bière, loin des désQu’agitaient à grand bruit‖ les joueurs accoudés,Tranquille, souriant —‖ au moins en apparence— Il écoutait Caron :‖ « — Pourquoi ta longue absence ?Lui disait ce dernier ;‖ moi, ne te voyant plus,Je t’accusais d’oubli ;‖ nous voici revenusAu bon temps où, tous deux‖ assis auprès de l’âtre,Nous causions longuement‖ de vers et de théâtre.— Des vers ! je n’en fais plus.— Que fais-tu donc alors !— Le sais-je ! Je me mets‖ moi-même au rang des morts.Je n’écris plus, je songe.— Eh ! mon Dieu ! la penséeEst le premier jalon‖ de l’œuvre commencée.On travaille en songeant…Sois plus franc avec moi.Le spleen ne t’irait pas.Un gaillard tel que toiSemble fait pour mener‖ une joyeuse vie…Aux héros languissants‖ ne porte pas envie.— Qui t’a dit ?… s’écria Paul Firmin.— Je vois bienQuelque chose d’étrange en toi.— Non, je n’ai rien. —A la bonne heure. Eh ! mais,‖ que je te complimente,Trop heureux chevalier‖ d’une femme charmante.— Comment ?— Ne sais-je pas‖ que l’objet de ta courEst la belle comtesse…— Oh ! tais-toi !— De Cercourt.Tu rougis ?… Pauvre ami,‖ la feinte est inutile :Le bruit de tes amours‖ se répand dans la ville.— C’est une calomnie !‖… Outrager la vertu !Pour l’accuser ainsi,‖ Caron, la connais-tu ?On ne peut donc avoir‖ l’amitié d’une femmeSans qu’on aille fouiller‖ jusqu’au fond de votre âme,Dénaturer un noble‖ et pieux sentiment,Et vous flétrir des noms‖ de maîtresse et d’amant !— Allons, modère-toi ;‖ je ne suis, cher poëte,Que le modeste écho‖ de ce que l’on répète.— C’est bien ; mais laissons là‖ de stupides proposQui ne méritent pas‖ de troubler mon repos.Je puis lever la tête‖ et ne crains pas la honte.Mon pauvre père fut‖ l’intime ami du comte :L’un était général‖ et l’autre colonel.Au milieu des dangers‖ un esprit fraternelUnit étroitement‖ ces braves militaires.Tu comprends ? Faut-il donc‖ chercher tant de mystèresDans les bons sentiments‖ que l’un des deux amisAprès la mort du père‖ a montrés à son fils ?En Monsieur de Cercourt‖ je trouve un second pèreQui jamais de m’aimer‖ n’aura regret, j’espère. »Caron, qui s’était fait‖ un maintien sérieux,Dit d’un ton solennel :« — Mon cher Paul, c’est au mieux ;Car pour toi j’avais peur ;‖ je suis ravi d’apprendreQue tu n’as point erré‖ sur la carte du Tendre.En enfant adoptif‖ tu vois le général…Qu’on vienne maintenant‖ trouver à ça du mal.Je les recevrai bien‖ tous ces faiseurs de glose ! »Le sculpteur s’approcha :« — Lisez-nous quelque chose,Firmin. Avez-vous là‖ quelque sonnet nouveau,Une ballade ?— Hélas !‖ non, mon cher Duriveau.— Ma foi, je le regrette.‖ En semblable matièreJe suis ignorant, comme‖ un vrai tailleur de pierre,Mais j’aime vos écrits‖ qui s’échappent du cœur ;Après les avoir lus,‖ on croit être meilleur.— Des vers ! dit Paul Firmin‖ avec un froid sourire ;Invitez-moi plutôt‖ à ne jamais écrire.Oubliez-vous, amis,‖ le siècle où nous vivons ?Pour prix de nos travaux,‖ qu’est-ce que nous trouvons ?Le dédain, ou — bien moins‖ encor — l’indifférence.On passe sans daigner‖ croire à notre souffrance.Si parfois on te jette‖ un oblique regard,Drouineau, c’est pour voir‖ que ton œil est hagard ;Byron, c’est pour souiller‖ avec la calomnieLe feuillage sacré‖ qui pare ton génie.La routine s’attaque‖ aux essais courageux.L’éclair est le seul phare‖ en nos jours orageux.Nous naissons pour traîner‖ un destin de misère :L’obole du passant‖ honorait Bélisaire ;Mais nous n’avons plus même,‖ en ce siècle éhonté,L’obole de la gloire‖ avec la pauvreté.— Peste ! dit Fortunat,‖ heureux de la revanche,Permettez-moi, mon cher,‖ une réponse franche :Vous déclamez fort bien,‖ et vous nous faites voirQu’on prise aujourd’hui plus‖ l’argent que le savoir ;Mais pour que l’argument‖ me pénètre et me touche,Il ne doit pas, Firmin,‖ sortir de votre bouche.— A bas ! » dit l’assistance.‖ Et chacun entonnaUn grognement anglais‖ contre le Fortunat,Puis ce furent des cris,‖ des rires, un tapageA réveiller les gens‖ de tout le voisinage ;Des chansons se croisant‖ ainsi que des éclairs ;Toutes sortes, de mots‖ sur toutes sortes d’airs :Marlbrough — Tra la la la.‖ — Le vin, le jeu, les belles ;Des romances d’amour‖ anciennes ou nouvelles ;Des jurons, des propos‖ confus, extravagants,On eût dit trente fous,‖ ou bien trente brigands.« — Ah ! Messieurs, s’écria‖ le chevelu Bardoche,Notre hôte est fort gentil ;‖ pourtant je lui reprocheD’avoir fait un appel‖ à la franche amitiéEn oubliant, ce soir,‖ la plus belle moitiéDu genre humain.-Compris !‖ compris ! oui, c’est infâme,Inviter trente amis‖ et pas un brin de femme ! »Cent cris, à ce sujet,‖ sont jetés à la fois.« — Pour m’accuser, Messieurs,‖ vous n’avez qu’une voix,Dit Caron ; mais souffrez‖ qu’enfin je me défende.Comment eussé-je pu‖ prévoir votre demande,Moi qui ne connais pas de femme ?— O Scipion !Je voterai pour toi‖ le grand prix Monthyon,Dit Fortunat.— Messieurs,‖ faites trêve aux sornettes.Je ne fréquente pas‖ le monde des grisettes.La grisette est sans doute‖ un gentil animal,Mais dont les appétits‖ n’ont rien de très-frugal :Il lui faut le spectacle,‖ il lui faut la Chaumière ;On l’aime à dix-huit ans,‖ — à trente on la vénère,Mais on n’en use plus.— C’est clair comme le jour,Dit Bardoche ; pourtant‖ exister sans amourCela me semble plus‖ ennuyeux que la pluie.Pas de pleurs que la main‖ de la femme n’essuie !— O Bardoche ! cria‖ le chœur, ô le rapinQui fait du sentiment‖ et des yeux de lapin !— Chut ! chut ! Messieurs, reprit‖ Caron, et qu’on m’écoute.Ma proposition‖ vous charmera sans doute.— Parle, parle.— A deux pas,‖ sur mon propre palier,Il est un jeune objet,‖ d’un genre singulier,Comme on n’en trouve pas :‖ la grisette-modèle ;Sa chambre inaccessible‖ est une citadelle.Lingère à l’œil modeste,‖ au front pur, la vertuRespire sur ses traits.— De qui te moques-tu ?Dit Saint-Macaire ; c’est‖ le portrait de Lucrèce.— C’est celui de Cécile.— Ah bah ! c’est ta maîtresse.— Non, d’honneur. Je lui crois‖ une sévéritéDe mœurs, à défier‖ notre amabilité.Toujours dans sa chambrette,‖ au travail assidue,Et ne sortant jamais‖ quand la nuit est venue ;Étrangère au plaisir,‖ elle vit sans savoirQu’il soit rien de plus doux‖ que l’austère devoir.— Voilà, dit Fortunat,‖ une grave homélie ;Caron, tu prêches bien.— Voyons, pas de folie,Ou je me fâche.— Soit,‖ mais apprends-nous enfinTa proposition.— Dans le Quartier LatinIl n’est rien de plus beau‖ que Cécile. J’espèreQue l’astre va venir‖ briller dans mon repaire.— Vraiment ?— Patientez,‖ je reviens à l’instant. »Rien de plus solennel‖ que l’heure où l’on attend.On parle bas ; la langue‖ est comme embarrassée,Elle traîne les mots ;‖ ailleurs est la pensée.Enfin on entendit‖ deux voix. : en ce momentCaron parut, donnant‖ le bras très-gravementA la jeune voisine,‖ à la blonde Cécile.Trop vanter la grisette‖ eût été difficile,Car elle avait reçu‖ du ciel — et quel trésor— Cette dot de beauté‖ qui vaut celle de l’or :Corsage surmonté‖ d’une gorge arrondie,Hanche voluptueuse‖ à la coupe hardie,Pieds mignons, mains d’enfant,‖ bouche en cœur, nez en l’air,De quoi faire fortune‖ au quartier du Helder.Cécile s’ignorait,‖ et je le crois sans peine :La rose ne sait pas‖ le prix de son haleine,Jusqu’au jour où la main‖ d’un avide amateurSans pitié, de sa tige,‖ arrachera la fleur.Je n’entreprendrai pas‖ de décrire l’entréeDe Cécile. Jamais‖ une reine adorée,Jamais Victoria,‖ reçue à Westminster,De vivats plus bruyants‖ n’entendit le concert.On fit cercle ; on offrit‖ à la jeune grisetteBière, liqueurs, gâteaux,‖ bouquet de violette,Grandes séductions‖ de ce quartier bruyantOù, pour en sortir grave,‖ on entre étudiant.Cécile dit, tremblante :— Ah ! mon Dieu ! que dé monde !

Venez, on vous attend.

O la charmante blonde !

Quel tableau j’en ferais !

Moi, quel buste !

Quels traits !

Pâque-Dieu ! nous serons‖ ses faiseurs de portraits.

De me trouver ici‖ je me sens tout émue.

Mes amis seront fiers‖ de vous avoir connue.Présidez cette fête‖ et recevez de nousUn hommage sincère…‖ En est-il de plus doux ?

Décidément Gessner‖ t’a cédé quelque idylle.

On dit que du travail‖ votre chambre est l’asile,Que vous ne connaissez aucun plaisir.

Je croiQue le plus grand plaisir‖ est de vivre chez soiSans bruit, modestement,‖ loin des regards des hommes.D’abord, ils me font peur.

Par exemple ! Nous sommesPresque tous des moutons.‖ Je regrette de voirTant d’attraits enfouis‖ sous les lois du devoir.

Je suis heureuse ainsi ;‖ jamais je ne m’ennuie,Et je joins les deux bouts‖ par mon économie.

Ravissante grisette,‖ ô diamant perdu,Si tu ne m’appartiens‖ que je sois confondu.Par mes inventions‖ j’étonnerai le monde ;Oui, tu seras à moi‖ si le sort me seconde.

Quoi ! vous voulez, Monsieur…

Dès ce soir commencerUn tout petit portrait…‖ rien que vous esquisser.J’ai là mon attirail.

Jamais on ne m’a peinte ;Et ma tante qui vit‖ si loin s’est souvent plainteDe n’avoir rien de moi.

Pour la tante, demain,Jeune fille, aux pinceaux‖ je veux mettre la main.Asseyez-vous. C’est bien.

(Il se met à tracer une esquisse.)

En l’honneur de CécileFaisons du punch,

Bravo !

Jarnicoton ! quel style !Paul, mettant à profit‖ ce bruit, ce mouvement,Fit un signe à Caron,‖ et très-discrètement :« — N’es-tu pas, lui dit-il, de Toulouse ?— Sans doute.Mon pays avant tout !‖ bien que l’on m’y redoutePour ma malignité…— Je le crois aisément.Mais tu peux me fournir‖ quelque renseignementSur un concitoyen.— Cela m’est très-facile :De loin comme de près‖ je sais par cœur ma ville ;— Alors tu connais donc…‖ C’est qu’il est jeune encor…Certain baron Arthur de Rozemon ?— D’accord.Souche patricienne,‖ excellente noblesse !Mais je puis franchement‖ dire où le bât le blesse :Ces gentilshommes-là‖ n’ont rien que des quartiers ;On dîne mal d’orgueil,‖ je plains leurs héritiers.— Cependant, dit Firmin,‖ pauvreté n’est pas vice.Le fils vient à Paris‖ pour prendre du serviceDans l’armée… Il paraît‖ très-sage, très-posé.— Que par les beaux dehors‖ on est vite abusé !— Explique-toi, Caron.— Que t’importe ?— Il m’importe.— C’est que la confidence‖ à faire est un peu forte.Promets-moi le secret.— Sur l’honneur.— Cet ArthurQui le semble si sage‖ est l’homme le moins sûr.A Toulouse il courait‖ les brelans, les fillettes,Ne sachant plus déjà‖ le chiffre de ses dettes ;Et puis, dans le grand monde,‖ il s’arrangeait au mieux,Pour conquérir l’estime‖ un maintien sérieux,Parlait modestement,‖ tenait petite place,Feignant de n’oser pas‖ voir une dame en face.Rien n’est vil, selon moi,‖ comme ces jeunes gensQui, pour édifier‖ des oncles exigeants,Pour être en bonne odeur‖ auprès des douairières,Singent la gravité,‖ mettent dans leurs manièresDe la componction,‖ de la discrétion…J’en ai connu plus d’un,‖ chez qui l’ambitionAvait rendu le cœur‖ et la pensée arides :Non, non, rien de plus laid‖ que ces vieillards sans rides.Celui-ci, sans risquer‖ son nom et son crédit,Près des dames poussait‖ sa pointe… à ce qu’on dit.C’est Tartufe vêtu‖ du frac de notre époque,Ayant quitté l’air sombre‖ et la noire défroque,Soupirant la romance‖ et dansant le galop.T’en faut-il davantage ?— Oh ! non, car j’en sais trop, »S’écria Paul Firmin.Sa pâleur éloquente,Sa respiration‖ et pénible et fréquente,Tout annonçait chez lui‖ quelque effort violent.« — Grand merci, reprit-il‖ d’un accent triste et lent.Tu m’as donné, mon cher, des détails…— Véridiques.— C’est entre nous !— Fort bien,‖ si je fais des chroniques,C’est afin de gagner‖ un peu d’argent comptant.Mais m’a-t-on jamais vu‖ moi-même colportantLes méchants bruits, l’aigreur‖ des propos, le scandale ?Caron fut de tout temps‖ l’ami de la morale :Or, pour la pratiquer‖ à son aise, mon cher,Il faut de la fortune,‖ et la vertu c’est cher.De votre opinion‖ resterez-vous le maîtreLorsqu’aux goûts des puissants‖ vous devez vous soumettre ?Irez-vous… Tiens, tu pars le premier ?— Oui.— Firmin,Attends donc.— J’ai grand mal à la tête.— DemainJ’irai te voir.— Demain ?— J’ai besoin d’un service.D’une heure de ton temps‖ fais-moi le sacrifice.— Oh ! s’il en est ainsi,‖ je t’attendrai chez moi,Et nous déjeûnerons ensemble.— Sur ma foi,Je serai ponctuel :‖ c’est ma première étude ;Toujours mon estomac‖ fut plein d’exactitude. »Firmin partit.« — Le fou !‖ dit Caron in petto,Sicut nycticorax‖ in domicilio,Il restera toujours‖ fantasque et solitaire.Hélas ! que la Fortune‖ est aveugle sur terre !Avec l’argent que Paul‖ tient si mal dans sa main,Comme depuis longtemps‖ j’eusse fait mon chemin !…Messieurs, amusez-vous.‖ Ça languit. Du tapage !Vive-Dieu ! vous semblez‖ épargner mon ménage.Dansons, sautons ! A bas‖ la raison, ventrebleu !Qu’on agite le punch !‖ C’est là le plus beau feu ! »Les voilà tous en train.‖ De leur ivresse obscèneNous n’entreprendrons pas‖ de retracer la scène.Mille propos grivois,‖ baroques, saugrenus,De fades quolibets,‖ des calembours connusS’échangent, — comme on voit‖ les rapides fuséesS’élever dans les airs‖ et retomber croisées.Et dire que ces fous,‖ avant l’âge flétris,Sont pour étudier‖ envoyés à Paris ;Qu’ils seront médecins,‖ juges !… En consciencePrennent-ils le chemin‖ qui mène à la science ?Est-ce dans les plaisirs‖ grossiers et dissolus,Que tous ces appelés‖ deviendront des élus ?Cécile souriait…‖ tantôt embarrassée,Tantôt vers cette vie‖ égarant sa pensée ;Rouge, tout étonnée,‖ interdite à ce bruitQue faisaient les viveurs‖ dans un étroit réduit.Les compliments étaient‖ d’une brusque franchiseQui pouvait l’étonner‖ sans l’avoir compromise.Vingt bouches à la fois‖ exaltaient sa beauté…Seul, Fortunat faisait‖ un muet à parté,Roulant plus que jamais‖ dans son cœur et sa têteLe plan audacieux‖ d’une telle conquête ;Mais comme tout plaisir‖ doit avoir une fin,Aux clochers d’alentour‖ minuit sonnait enfin.Or, on frappe à la porte.« — Eh ! c’est monsieur Vandamme,Cerbère de l’hôtel.‖ Comment va votre femme,Môsieur ? et vos enfants,‖ Môsieur ! et votre chien ?— Vous faites trop de bruit,‖ Messieurs, ça n’est pas bien,Et j’ai l’ordre formel‖ de la propriétaire…— Va-t’en, vieux soliveau !— Ne veut-il pas se taire !— J’ai l’ordre d’empêcher‖ tout dégât et tout bruit.Il est tard.— Pas si tard.— Comment ? il est minuit.— Rallume ton quinquet.— Entretiens ta veilleuse.— Messieurs, les bonnes mœurs…— C’est de la viande creuse.— Eh bien, séparons-nous,‖ dit Caron, il le faut.— Au revoir ! dit le chœur‖ en entonnant très-haut :« Eh ! ioup, eh ! ioup, eh ! ioup !« Tra la la« Messieurs les étudiants‖ s’en vont à la Chaumière« Pour danser le Cancan‖ et la Robert-Macaire.« Toujours, toujours« Triomphent les amours !« Eh ! ioup, eh ! ioup, eh ! ioup ! »Tra la la. »

Versification

Forme
Distiques
Rimes
255((aa))
Mètre
Alexandrins surtout (576 de 12, 3 de 6, 2 de 3, 1 de 4)· profil 6, 3, 6+6, (4)
Strophes
22 distiques
Mots à la rime
a Caron / Achéron masculine, classiqueb symbole / l’hyperbole féminine, classiquea vécu / écu masculine, classiqueb ressource / bourse féminine, classiquea pas masculine, classiqueb entière / matière féminine, classiquea saisir / plaisir masculine, classiqueb collége / privilége féminine, classiquea saint-simonien / rien masculine, classiqueb dire / d’écrire féminine, classiquea métier / papier masculine, classiqueb divise / marchandise féminine, classiquea cerveau / nouveau masculine, classiqueb ligne / résigne féminine, classiquea vain / écrivain masculine, classiqueb littérature / rature féminine, classiquea égalité / médiocrité masculine, classiqueb plume / volume féminine, classiquea subitò / incognito masculine, classiqueb verve / serve féminine, classiquea Émigré / Curé masculine, classiqueb Bonapartiste / Artiste féminine, classiquea choyé / payé masculine, classiqueb somme / homme féminine, classiquea sachez / cachés masculine, classiqueb vermine / famine féminine, classiquea honteux / nécessiteux masculine, classiqueb poésie / Fantaisie féminine, classiquea garçon / façon masculine, classiqueb cérémonie / génie féminine, classiquea palier / l’escalier masculine, classiqueb Montagne / Champagne féminine, classiquea partagerons / marrons masculine, classiqueb peinture / nature féminine, classiquea cœur / moqueur masculine, classiqueb sorte / emporte féminine, classiquea tour / jour masculine, classiqueb tarde / mansarde féminine, classiquea mis / amis masculine, classiqueb statuaire / guerre féminine, classiquea Duriveau / ciseau masculine, classiqueb Bardoche / Delaroche féminine, classiquea outragea / déjà masculine, classiqueb remercie / l’aristocratie féminine, classiquea pain / rapin masculine, classiqueb miracle / débâcle féminine, classiquea rentier / d’épicier masculine, classiqueb coupable / véritable féminine, classiquea prix / mépris masculine, classiqueb démocrate / flatte féminine, classiquea champ / touchant masculine, non classiqueb guides / timides féminine, classiquea l’oubli / enseveli masculine, classiqueb fortune / importune féminine, classiquea carabin / rabbin masculine, classiqueb affaire / vulgaire féminine, classiquea journal / social masculine, classiqueb Tactyle / style féminine, classiquea obscur / mur masculine, classiqueb s’anime / anonyme féminine, classiquea raison / poison masculine, classiqueb tu / Caire / l’Égypte / Saint-Macaire féminine, classiquea Bobineau / anneau masculine, classiqueb très-jolies / Folies féminine, classiquea t’applaudir / d’assourdir masculine, classiqueb Fortunat / d’Afrique / magnifique féminine, classiquea d’airain / pèlerin masculine, classiqueb métaphore / claire / d’affaire féminine, classiquea encroûté / nouveauté masculine, classiqueb proclame / progrès / l’âme féminine, classiquea trésor / d’or masculine, classiqueb admirables / appliqués / applicables féminine, classiquea bénin / léonin masculine, classiqueb S’écria / jure / injure féminine, classiquea sais / essais masculine, classiqueb Commandite / maudite féminine, classiquea nous / fous masculine, classiqueb l’actionnaire / débonnaire féminine, classiquea hasard / tard masculine, classiqueb tête / poëte féminine, classiquea retour / jour masculine, classiqueb d’allégresse / tendresse féminine, classiquea renard / l’écart masculine, classiqueb comprendre / d’apprendre féminine, classiquea incompris / Paris masculine, classiqueb gräce / lasse féminine, classiquea vers / travers masculine, classiqueb personnage / visage féminine, classiquea Alfred / Manfred masculine, classiqueb n’aspire / l’Empire féminine, classiquea laissa / traça masculine, classiqueb inutile / ville féminine, classiquea toujours / secours masculine, classiqueb campagne / l’accompagne féminine, classiquea dos / dispos masculine, classiqueb pages / paysages féminine, classiquea chagrin / serein masculine, classiqueb renomme / homme féminine, classiquea hourra / l’honora masculine, classiqueb doute / coûte féminine, classiquea amis / remis masculine, classiqueb cigare / bagarre féminine, classiquea dés / accoudés masculine, classiqueb apparence / absence féminine, classiquea plus / revenus masculine, classiqueb l’âtre / théâtre féminine, classiquea plus / alors / morts masculine, classiqueb songe / pensée / commencée féminine, classiquea songeant / moi / pas / toi masculine, classiqueb vie / envie féminine, classiquea Firmin / bien / toi / rien masculine, classiqueb complimente / charmante féminine, classiquea Comment / cour / comtesse / toi / Cercourt masculine, non classiquea vertu / connais-tu masculine, classiqueb femme / âme féminine, classiquea sentiment / d’amant masculine, classiqueb poëte / répète féminine, classiquea propos / repos masculine, classiqueb honte / comte féminine, classiquea colonel / fraternel masculine, classiqueb militaires / mystères féminine, classiquea amis / fils masculine, classiqueb père / j’espère féminine, classiquea sérieux / solennel / mieux masculine, classiqueb d’apprendre / Tendre féminine, classiquea général / mal masculine, classiqueb glose / s’approcha / chose féminine, classiquea nouveau / ballade / Duriveau masculine, classiqueb matière / pierre féminine, classiquea cœur / meilleur masculine, classiqueb sourire / écrire féminine, classiquea vivons / trouvons masculine, classiqueb l’indifférence / souffrance féminine, classiquea regard / hagard masculine, classiqueb calomnie / génie féminine, classiquea courageux / orageux masculine, classiqueb misère / Bélisaire féminine, classiquea éhonté / pauvreté masculine, classiqueb revanche / franche féminine, classiquea voir / savoir masculine, classiqueb touche / bouche féminine, classiquea entonna / Fortunat masculine, non classiqueb tapage / voisinage féminine, classiquea éclairs / d’airs masculine, classiqueb belles / nouvelles féminine, classiquea extravagants / brigands masculine, classiqueb Bardoche / reproche féminine, classiquea amitié / moitié masculine, classiqueb humain / infâme / femme féminine, classiquea fois / voix masculine, classiqueb défende / demande féminine, classiquea femme / Scipion / Monthyon masculine, classiqueb Fortunat / sornettes / grisettes féminine, classiquea animal / très-frugal masculine, classiqueb Chaumière / vénère féminine, classiquea plus / jour / amour masculine, classiqueb pluie / n’essuie féminine, classiquea rapin / lapin masculine, classiqueb m’écoute / doute féminine, classiquea parle / palier / singulier masculine, classiqueb grisette-modèle / citadelle féminine, classiquea vertu / traits / moques-tu masculine, classiqueb Lucrèce / Cécile / maîtresse féminine, classiquea sévérité / amabilité masculine, classiqueb assidue / venue féminine, classiquea savoir / devoir masculine, classiqueb homélie / bien / folie féminine, classiquea fâche / enfin / proposition / Latin masculine, classiqueb J’espère / repaire féminine, classiquea Vraiment / l’instant / attend masculine, classiqueb embarrassée / pensée féminine, classiquea moment / très-gravement masculine, classiqueb Cécile / difficile féminine, classiquea trésor / l’or masculine, classiqueb arrondie / hardie féminine, classiquea l’air / Helder masculine, classiqueb peine / haleine féminine, équivalentea amateur / fleur masculine, classiqueb l’entrée / adorée féminine, classiquea Westminster / concert masculine, classiqueb grisette / violette féminine, non classiquea bruyant / étudiant masculine, classiqueb tremblante / monde / attend / blonde féminine, classiquea ferais / buste / traits / portraits masculine, classiqueb émue / connue féminine, classiquea nous / doux masculine, classiqueb idylle / l’asile féminine, classiquea plaisir / croi / soi masculine, classiqueb hommes / peur / sommes féminine, classiquea voir / devoir masculine, classiqueb m’ennuie / économie féminine, classiquea perdu / confondu masculine, classiqueb monde / seconde féminine, classiquea Monsieur / commencer / esquisser masculine, classiqueb attirail / peinte / plainte féminine, classiquea moi / demain / main masculine, classiqueb bien / Cécile / punch / Bravo / style féminine, classiquea mouvement / très-discrètement masculine, classiqueb Toulouse / doute / redoute féminine, classiquea malignité / aisément / renseignement masculine, classiqueb concitoyen / très-facile / ville féminine, classiquea encor / Rozemon / D’accord masculine, classiqueb noblesse / blesse féminine, non classiquea quartiers / héritiers masculine, classiqueb vice / service féminine, classiquea très-posé / abusé masculine, classiqueb Caron / t’importe / m’importe / forte féminine, classiquea secret / l’honneur / Arthur / sûr masculine, classiqueb fillettes / dettes féminine, classiquea mieux / sérieux masculine, classiqueb place / face féminine, classiquea gens / exigeants masculine, classiqueb douairières / manières féminine, classiquea discrétion / l’ambition masculine, classiqueb arides / rides féminine, classiquea crédit / dit masculine, classiqueb époque / défroque féminine, classiquea galop / davantage / trop masculine, classiqueb Firmin / éloquente / fréquente féminine, classiquea violent / lent masculine, classiqueb détails / Véridiques / nous / chroniques féminine, classiquea comptant / colportant masculine, classiqueb scandale / morale féminine, classiquea cher masculine, classiqueb maître / soumettre féminine, classiquea premier / Oui / Firmin / donc / tête / Demain masculine, classiqueb voir / Demain / service / sacrifice féminine, classiquea moi / ensemble / foi masculine, classiqueb étude / d’exactitude féminine, classiquea partit / petto / domicilio masculine, classiqueb solitaire / terre féminine, classiquea main / chemin masculine, classiqueb tapage / ménage féminine, classiquea ventrebleu / feu masculine, classiqueb obscène / scène féminine, classiquea saugrenus / connus masculine, classiqueb fusées / croisées féminine, classiquea flétris / Paris masculine, classiqueb conscience / science féminine, classiquea dissolus / élus masculine, classiquea bruit / réduit masculine, classiqueb franchise / compromise féminine, classiquea beauté / parté masculine, classiqueb tête / conquête féminine, classiquea fin / enfin masculine, classiqueb porte / Vandamme / femme féminine, classiquea chien / bien masculine, classiqueb propriétaire / soliveau / taire féminine, classiquea bruit / tard / minuit masculine, classiqueb quinquet / veilleuse / mœurs / creuse féminine, classiquea faut / très-haut masculine, classiqueb Chaumière / Robert-Macaire féminine, classiquea toujours / amours masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.1

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

582 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La comédie du monde, Paris, Comptoir des imprimeurs-unis, 1851· numérisation gallica.bnf.fr· Sources