Fables de Florian, 1793· Livre quatrième
FABLE XVIII. Le Miroir de la Vérité
Dans le beau siècle d’or,‖ quand les premiers humains,Au milieu d’une paix profonde,Coulaient des jours purs et sereins,La Vérité courait le mondeAvec son miroir dans les mains.Chacun s’y regardait,‖ et le miroir sincèreRetraçait à chacun‖ son plus secret désirSans jamais le faire rougir :Temps heureux, qui ne dura guère !L’homme devint bientôt‖ méchant et criminel.La Vérité s’enfuit au ciel,En jetant de dépit‖ son miroir sur la terre.Le pauvre miroir se cassa.Ses débris, qu’au hasard‖ la chûte dispersa,Furent perdus pour le vulgaire.Plusieurs siècles après‖ on en connut le prix ;Et c’est depuis ce temps‖ que l’on voit plus d’un sageChercher avec soin ces débris,Les retrouver parfois ;‖ mais ils sont si petits,Que personne n’en fait usage.Hélas ! le sage le premierNe s’y voit jamais tout entier.
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 1[ababa] 2[abba] 2[aa] 1[abaab]
- Mètre
- Octosyllabes et alexandrins (13 de 8, 9 de 12)· profil 8, 6+6
- Mots à la rime
- a humains / sereins / mains masculine, classiqueb profonde / monde féminine, classiquea sincère / guère féminine, classiqueb désir / rougir masculine, classiquea criminel / ciel masculine, classiquea terre / vulgaire féminine, classiqueb cassa / dispersa masculine, classiquea prix / débris / petits masculine, classiqueb sage / usage féminine, classiquea premier / entier masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
22 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fables de Florian, Paris, LA LIBRAIRIE ÉCONOMIQUE, 1800-1801· numérisation Project Gutenberg· Sources