Allusions, 1929
II. « Une haleine futile »
Une haleine futileAère de cette îleLes bois et les roseaux,Quand sur les eaux
L’oiseau d’or qui voltigeFrôle de tige en tigeL’air fluide et tout bleuD’une aile en feu.
L’éclair diapré rôde,Égrène l’émeraude,La perle et le rubisPar bonds subits
Aux arbres, aux broussailles :Mais, soudain, tu tressaillesDans l’ombre, et tu parais,Corps souple et frais,
Déesse ! Tu t’enfièvresD’animer par tes lèvresLes mobiles couleursDes vives fleurs
Qu’enthousiaste allumeAu soleil cette plumePour qu’y puisse puiserTon saint baiser.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Allusions, Paris, Librairie de France, 1929· Sources