Divertissements, 1945· Dizains et sonnets· Sonnets
III. Le béryl
pour A.-R.
L’ombre lourde, funèbre, encastrant ce béryl,Pour que ne cède au deuil ton active pensée,Frêle et libre, fulgure en l’âme menacéeD’une atteinte mortelle ; écarte ce péril.
Laisse renaître encor le rêve puérilQui t’ouvrit en splendeur une ardente odysséeOù ton esquif perdu dans la mer convulséeAccoste l’île vierge aux frais souffles d’avril.
Revis tes jours anciens. L’aube appelle l’aurore ;Quel parfum t’envahit ? les amours vont éclore,Midi ! C’est l’apogée et le bienfait des dieux,
Enivre-toi de joie, il est temps. L’heure est sombre,Trop de tristesse monte en te voilant les cieux,Mais résiste, superbe, aux assauts vils de l’ombre.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Divertissements, Paris, Éditions Littéraires de France, 1945· numérisation gallica.bnf.fr· Sources