L’appel a la déesse, 1942· Fantaisie
SCULPTURE. « Des dieux celui-là seul à qui te lie un culte »
Des dieux celui-là seul à qui te lie un culte? Sévère, le seul dieu qui t’aime et que tu crains,Sa forme est enfermée aux rochers souterrains,Ta piété s’y penche, et tendrement l’ausculte.
Dégage, avec tes bras puissants, de ce tumulteEt du chaos des blocs confus les traits sereinsDu dieu qu’en ta pensée exacte tu étreins ;Ta main frôle, ta main épure, ta main sculpte.
Les plans tendus à du soleil glissant, les plisPar leur clarté docile aux jeux d’ombre assouplis,Un torse, le visage, et les yeux, où tressaille
Tant de grandeur, voici, dominateur soudainSelon tes vœux ce dieu s’exalter à la tailleDes vrais dieux, Phidias, Michel-Ange, Rodin.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’appel a la déesse, Paris, F. Sant’Andrea, éditeur, 1942· numérisation opac.kbr.be· Sources