L’appel a la déesse, 1942· Poèmes· « Un peu profond ruisseau… » Méditation
Premier sonnet
Longue, nue, une chair étale sous l’arceauComblé d’oubli la forme inerte que ne plisseL’ombre, ni l’onde, ni l’aiguillon du ciliceQuand l’effleure une haleine ou la frappe le sceau
Par qui se fût au gouffre épanché le verseauDes passions. La chair transfigurée et lisseNe cède rien de sa blancheur fatale, où glisseA peine, d’un reflet teinté, tout le ruisseau.
Nul vide. L’absolu silence. Il n’est plus d’heure,Plus d’espace. La paix suprême, intérieure,Sur soi bien close, et sourde aux choses du dehors,
Impénétrable, brûle en lueurs émanéesD’’elle pour absorber le désert de ce corpsEt refleurir, offrande à d’autres destinées.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’appel a la déesse, Paris, F. Sant’Andrea, éditeur, 1942· numérisation opac.kbr.be· Sources