L’appel a la déesse, 1942· Paysages de brume et de songe
En marche
à Georges Lecomte.
L’aube brûle. La mer miroite. Le rocherEnseveli parmi cette ombre où tu succombesLâche au soleil un doux présage de colombes.Marche. L’heure surgit, limpide. Il faut marcher,
Marcher toujours. Plus loin ! Nul appel de clocherVers ton enfance vaine, en fuite entre les combes,Ne te ramène ou ne se souvient sur les tombesDe ceux qu’un rêve joint où tu les vas chercher.
Avance, marche, affronte un destin qui reculeDe pas en pas. Peu de lumière. Un crépuscule.La nuit. Dans tes regards à leur désir rivés
Monte un enchantement ; il attire, il écarte,Qu’importe ? heureux on non, dès qu’il vous a trouvés,Athènes, ton délice, ou ta rigueur, Ô Sparte !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’appel a la déesse, Paris, F. Sant’Andrea, éditeur, 1942· numérisation opac.kbr.be· Sources