L’appel a la déesse, 1942· Paysages de brume et de songe
La prière de la foule
Foule qu’avec foi je visSuivre au pourtour de l’égliseL’ombre en qui l’heure égaliseLes recoins de son parvis,N’écoute pleurs ni prière ;Tout est cendre, tout poussière.
Ne t’émeus d’aucune voix ;Lis ou non ton bréviaire,N’écoute pleurs ni prière,Ne crois plus ce que tu vois ;Sourde aux clameurs de la terre,Oublie, et sache te taire.
Bientôt, grâce au ciel clément,Tu croiras être exaucée ;La torpeur de ta penséeTe berce au renoncementDélicieux qui t’enlise ,Loin du songe et de l’église.
Pays sans eaux, sans forêts,Sans nulle ombre, sans haleine,Sans oiseaux et sans fleurs, plaineOù l’on s’enfonce aux marais,Te fondre en cette tourbière,Est-ce ton vœu, ta prière ?
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’appel a la déesse, Paris, F. Sant’Andrea, éditeur, 1942· numérisation opac.kbr.be· Sources