L’appel a la déesse, 1942· Paysages de brume et de songe
Naufrage
à André Dumas.
Sur la mer, la nuit, pas un flambeauN’illumine l’effort d’une prouePerdue. Un mât se rompt, tombe, et troueEn tombant le silence de l’eau.
Mais l’étrave au gouffre obscur et beauPar ses grands remous formant la roueGlisse en la blême écume et s’ébroueOù l’emporte un hasard ! — Quel tombeau
Guette, suprême, au fond d’une radeCe destin morne dont ne s’évade,Vivant, sain ou blessé, nul de ceux
Qui, las de la bassesse de vivre,Cherchent vers les horizons chanceuxUne aventure qui les délivre ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’appel a la déesse, Paris, F. Sant’Andrea, éditeur, 1942· numérisation opac.kbr.be· Sources