L’appel a la déesse, 1942· Paysages de brume et de songe
L’oiseau bleu
L’azuré martinet puisse voler devant.RONSARD.
L’automne, la Seine et les saulesQue tu frôlesEn t’élançant, martin-pêcheur,Éclair soudain sur l’eau du fleuveOù s’abreuveTon bec plongeant dans la fraîcheur ;
Entre les herbes du rivageTon plumage,Azur et feu d’un frêle corps,Clarté d’opale au crépusculePar qui brûleLe buisson d’ombre dont tu sors ;
Le pur silence de l’automneCharme, étonneNotre âme paisible, et se fondAux mille nuances de l’heureQui effleureNos rêves guettant sur le pont
Vers ce grand site de lumièreCalme, entièreMalgré la tardive saison,Les champs, les bois, cette collineOù s’inclineEt meurt en douceur l’horizon.
La nuit tâtonne, emplit l’espace,Le vent passe,Efface tout : à peine un peuLa Seine en la brume s’allongeQuand y plongeL’oiseau rapide, roux et bleu.
30 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’appel a la déesse, Paris, F. Sant’Andrea, éditeur, 1942· numérisation opac.kbr.be· Sources