L’appel a la déesse, 1942· Paysages de brume et de songe
Reveil d’automne
à André Bellivier.
Vois-tu ? des lys que tu effeuilles, le silenceAvec l’ombre frôlée éparse autour de nousPar l’aile et le vol vif d’un pétale ensemenceA de saines clartés ton rêve triste et doux.
Quelle molle rumeur, ê Mémoire assoupie,Seule, sans astre, nuit des inertes cloisons,Absorbe le néant que d’un cœur morne expieTa sourde solitude à l’envi des saisons ?
Ouvre les yeux. L’aurore embrase la fenêtreD’un fouillis, claire écume au soleil, et, plus pur,Le très rieur essaim a fait dans l’air renaîtreL’émail essentiel des fleurs, lamé d’azur.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’appel a la déesse, Paris, F. Sant’Andrea, éditeur, 1942· numérisation opac.kbr.be· Sources