L’appel a la déesse, 1942· Fantaisie
La ruche
Sève et baume avivés d’un souffle qui me rendeNon l’enfance naïve et ses jeux au gazon,Mais le fécond silence éclos de la maisonQue, songes ! m’eût sacrée Avallon ou Guérande,
Moi-même je me joins aux corolles d’offrande,Clartés d’aurore émue et forte floraisonOù des essaims fervents frémissent à foison |De jeune vie et de savoir ! Ma joie est grande,
Ma joie est haute : peintres aimés, livres lus,Et la musique, et le voyage où je me plusAux pays dont mes yeux ont bu le pittoresque
Enchantement. Je me souviens de chaque été,De chaque étape encor. La vie est belle, — ou presque !Miel, encens de la ruche, espoir, lucidité.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’appel a la déesse, Paris, F. Sant’Andrea, éditeur, 1942· numérisation opac.kbr.be· Sources