L’appel a la déesse, 1942· Fantaisie
Maltaise
Seule, humant la mer, nue et svelte, tu ceinsA la hanche un réseau de lin pour que s’exalte,Au rythme de tes pas dansants ou dans la halteEn plein soleil, l’éclat merveilleux de tes seins,
Il est midi. C’est l’heure où les pêcheurs d’oursinsDébarquent leur provende aux quais de l’île, MalteÉtincelle en ses murs de marbre et de basalte ;Toi-même, tu t’étends au roc sur des coussins
De pourpre, près des flots frémissants et limpides ;D’un œil mi-clos tu suis les soubresauts rapidesDu jeu souple où se plaît encore un fin nageur
Qui, bientôt, te voyant, se dresse hors de l’onde,Et, tel un dieu debout devant toi, sans rougeurSourit, malicieux, à sa Maltaise blonde.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’appel a la déesse, Paris, F. Sant’Andrea, éditeur, 1942· numérisation opac.kbr.be· Sources