L’appel a la déesse, 1942· Poèmes
Le vœu
Renais dans la joie et préludeCe soir, cher vœuQue ranime la solitudeAu coin du feu,
Cher vœu dont l’âme balbutie,Être tentésDe vivre une vie adoucieHors des cités,
Et, pour le temps que dure un rêve bOu pour toujours,Hantons près des flots, sur la grève,D’autres séjours
Que la demeure coutumièreÀ nos chagrins :Puissent-ils fondre à la lumièreDes ciels marins !
Plus de bruit. La rumeur des ondes,L’air sain, les fleurs,Des senteurs fines et profondes,Et les couleurs
Dont le soleil pare et couronneToutes saisonsDispersent d’hiver en automneLeurs floraisons.
Au vert des feuillages se glisseUn oiseau d’orQui, battant de son aile lisse,Reprend l’essor,
Se pose, gazouille, voltige,Plane, descend,Tison d’azur, flamme, vertigeIncandescent.
Ombreux, touffu, sur la falaiseDans le lointainSonge un jardin où se complaiseNotre destin
S’il rompt les attaches servilesQui l’ont meurtriEt fièrement s’enfuit des villesVers cet abri.
Telle sera tôt assouvieSelon nos vœuxCette espérance, notre vieSi tu le veux !
44 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’appel a la déesse, Paris, F. Sant’Andrea, éditeur, 1942· numérisation opac.kbr.be· Sources