L’appel a la déesse, 1942· Fantaisie
Torches
Que n’ai-je pu connaître, aimer, entendre, voir,O ma jeunesse ! les beaux livres, les voyages,L’art, avec leur lumière, et les flambants sillagesDu souvenir, reflets glorieux au miroir ?
Je sais, je sens ton âme aviver cet espoirQuand, surgis parmi l’ombre où, purs, tu les présages,Brûlent entre les fleurs des sources les visagesD’astres, dont le brasier attise le ciel noir.
Écoute en toi germer les frissons de la lande,Chaque étincelle noue à ses feux la guirlandeÉparse de tes yeux aux cimes de la mer ;
Vois naître, s’élancer, se prendre, se poursuivre,Torches pour ton extase et souffles vifs de l’air,Le rythme universel, la Beauté ! — qui fait vivre.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’appel a la déesse, Paris, F. Sant’Andrea, éditeur, 1942· numérisation opac.kbr.be· Sources