L’appel a la déesse, 1942· Fantaisie
Offrande
Sonnet lu, à Valvins, le 21 juin 1936
Le visage et la voix se nouent en filigraneFlexible comme un lys ou frappé d’un rehautQuand s’avive au vélin comme elle sans défaut,MAITRE, une âme, la vôtre, intacte et diaphane.
Quel songe suscité par votre nom, StéphaneMallarmé, ne flamboie et n’embaume, sursautA jamais triomphal, un jardin où prévautLe fixe éclat de « fleurs dont nulle ne se fane » ?
Simple, ici, vous viviez. Forêt, fleuve, le seuil,L’escalier verdissant, l’émoi de votre accueil :Vous étiez pur et bon… Musicienne, une aile
Frôlait le vierge espace et dressait dans le soirLe Faune dont la flûte en chants d’éclairs ruisselleEt la Reine farouche offerte à son miroir.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’appel a la déesse, Paris, F. Sant’Andrea, éditeur, 1942· numérisation opac.kbr.be· Sources