La Halte sous les hêtres, 1908· Thalassa Au souvenir de marcel Ormoy, au Poète, à l’Ami
IV. A un mort
Que peut faire l’emblème illusoire dont s’orneUn écu glorieux par la vertu des mortsEt tout ce lourd blason accolé de supportsAvec le léopard, la guivre ou la licorne ?
Est-ce un héros qui succomba ? L’oraison morneRefoule dans la nuit sans rêves d’où tu sorsTon âme, ce néant, et cette ombre, ton corps.Le deuil au rituel se conforme et se borne ;
Ton souvenir bientôt s’effondrera. L’oubliEfface au vain décombre un homme enseveliSi nul grand désespoir au tombeau ne l’évoque,
Si nul élan d’amour ne dresse vers le cielLe simulacre d’un visage ou d’une époquePar lui vivante. Il meurt. Mais vivait-il, réel ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Halte sous les hêtres, Paris, Les Éditions Nationales, 1934· numérisation gallica.bnf.fr· Sources