La Halte sous les hêtres, 1908· Thalassa Au souvenir de marcel Ormoy, au Poète, à l’Ami
III. L’apparition
Nulle cendre au foyer quand vers l’ombre se cambreLa fierté de ton corps surgi nu du linceulN’ensevelit l’espoir d’être auprès de toi seulA goûter les beaux fruits qui parfument ta chambre.
Je n’ose attendre. L’heure est brève. Membre à membreTu te flétris, et mon miroir me montre aïeulDésolé si dans le feuillage du tilleulCourt le grand rire d’or où resplendit septembre.
Vaine à jamais parmi les souffles vains, tu doisDistraire en effleurant ma tempe avec tes doigtsLe trouble dont mon âme est effarée ou tremble,
Afin que, dissipés l’angoisse et le brouillard,Ta tendresse renflamme au cœur du faux vieillardLa foi sauve et l’amour pour en mourir ensemble.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Halte sous les hêtres, Paris, Les Éditions Nationales, 1934· numérisation gallica.bnf.fr· Sources