La Halte sous les hêtres, 1908· Les ombres
IX. Au bord du lac
La courbe d’une branche inclineAux eaux du lac son fin dessinQui frôle, au loin, de la collineLa forme ronde comme un sein.
Au bord de l’eau cet arbre allège,Chanteur d’une allègre chanson,Le silence du chêne-liègeParmi tant de pins sans frisson.
Des ondes d’ambre et de résineMêlent par leur arome purLa mer à la forêt voisineSous l’éclat fixe de l’azur.
Tes yeux sourient au paysageOù l’astre hâle tes bras nusTandis que déjà je présage,Rêvant d’émois mal contenus,
Que nulle image de la riveDu lac paisible ou des grands flotsNe s’impose assez pour qu’y riveAu souvenir mon songe enclos
Au point que plus je ne regrette,Lucide, fraîche, et vive encor,Psyché ! notre source secrèteDans sa mousse de miel et d’or.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Halte sous les hêtres, Paris, Les Éditions Nationales, 1934· numérisation gallica.bnf.fr· Sources