La Halte sous les hêtres, 1908· Thalassa Au souvenir de marcel Ormoy, au Poète, à l’Ami
VII. Caprice
A LOUISE ROLAND-BROHÉE
La belle-de-jour, la dame d’onze heuresLà-bas tu les vis au buisson de houxS’ouvrir pour nous,Tu les effleures.
Onze heures, la belle, onze heures du jour ;Tu nais, tu souris, le soleil ruisselle,Ah, tu es belle,Dame d’amour.
Midi passe tôt, se hâtent les heures,Et déjà faut-il que le soir jalouxFrappe les houxEt que tu meures ?
Mais quand renaîtront les heures, les jours,Tu leur souriras, douce encore et fière,Dans la lumièreAux alentours ;
Demain le soleil, jardins et demeures,Vous refleurira de grâce et d’amour,Dame de jour,Belle d’onze heures,
Et nous les verrons aux buissons du jourSe rouvrir demain où tu les effleures,Les fleurs d’onze heuresBelles d’amour.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Halte sous les hêtres, Paris, Les Éditions Nationales, 1934· numérisation gallica.bnf.fr· Sources