La Halte sous les hêtres, 1908· Les ombres
XXV. Devant une tombe
IN MEMORIAM ANTOINE BOURDELLE
Où le monde s’embrase au rêve, où ton œil sûrSuscite aux marbres leur élan, ou d’un coup d’aile,Pallas debout et qui médite ! citadelle,Te dégage du roc et te joint au futur,
Nulle nuit n’ abolit ton espoir, nul impurTressaillement n’aura d’un mensonge issu d’elleDéjoué l’Œuvre, en qui frémit et se modèleSelon tes doigts l’âme sainte faite d’azur.
Toi qui sus révéler dans l’homme le sourireDes dieux et, succombant, étreindre encor la lyreQui du Centaure unit au nôtre le destin,
Tes jours vécus n’ont triomphé que dans l’aurore ;A peine on entrevoit des gloires du matinSourdre un fixe soleil que j’y pressens éclore.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Halte sous les hêtres, Paris, Les Éditions Nationales, 1934· numérisation gallica.bnf.fr· Sources