La nef désemparée, 1908· Escales dans la nuit
Accalmie
Les eaux calmes où les navires appareillentVers des hâvres d’aventures ou de fêtes,Les eaux calmes exultent au ciel occidentalSous le soleil d’or couchant qui s’y mire.
O navires,Mes rêves lents s’étirent le long de vos sillagesVers vos poupes dans le rireDu soir serein et pur qui vous rit des rivages.
Les navires d’or clair vers les îles appareillent,Les flammes de leurs voiles chantent,Et leur sillage est d’un cristal qui chante,Et la voix de leur proue est l’orgueil du soleil.
La douce mer d’un rire amical les accueille,Toute la mer fleurit en floraisons d’orgueilAutour des navires qui nous convient vers les îlesOù vous-mêmes, fleurs dont s’embaument les nuits,Éclôrez aux silences chastes des nuitsLourdes et fertiles,Vos caresses lauriers et myrtes vos baisers !Oh ! je hais ce rivage de l’ennuiOù tout l’amour n’est pas plus fort que le destinOù, les chétifs désirs sont apaisésPar le frisson léger d’un sourire du matin.
23 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nef désemparée, Paris, Société du Mercure de France, 1908· numérisation books.google.com· Sources