La nef désemparée, 1908· Sonnets d’Italie· Gênes
II. « Du fond des Océans, des hâvres et des rades »
Du fond des Océans, des hâvres et des rades,Pacifiques hérauts d’harmonieux desseins,Les vaisseaux ont empli le port et les bassins,Où déjà les marins préparent leurs aiguades.
Vers la ville de marbre et les roses façades,Au gré des regrets lourds qui soulèvent leurs seins,Ils invoquent les dieux, les héros et les saintsDressés dans les grands parcs au bord des balustrades.
La voilure légère est arrondie au vent,Ils ont appareillé, sont au large, rêvantDe souvenirs qui font leurs tâches plus cruelles ;
Et toujours ils revoient, étranges pavillons,Frémir, oripeaux d’or ou sordides haillons,Les linges suspendus dans d’obscures ruelles.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nef désemparée, Paris, Société du Mercure de France, 1908· numérisation books.google.com· Sources