La nef désemparée, 1908· Sonnets d’Italie· Gênes
I. « L’aube fraîche d’avril a souri sur les monts »
L’aube fraîche d’avril a souri sur les montsEt scintille en saphirs aux crêtes de la neige ;Le glacier frémissant avec fracas s’allègeD’eaux qui brisent aux rocs leur essor et leurs bonds.
Vois, la route dévale entre deux bois profondsDont l’épaisseur nocturne environne et protègeLes toits épars contre le vent qui les assiège,Vers les cités qu’on rêve et les jardins féconds.
Déjà souffle au soleil une plus molle haleine,Le Printemps étincelle, et voici, dans la plaine,Que les arbres fruitiers sont tout roses de fleurs ;
Enfin l’âpre ravin succède aux terres grasses,Et, sur la mer en fête où flambent les couleurs,Gênes voluptueuse étage ses terrasses.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nef désemparée, Paris, Société du Mercure de France, 1908· numérisation books.google.com· Sources