La nef désemparée, 1908· Sonnets d’Italie· S. Gimignano
II. « Le souffle dur du vent soudain s’est amolli »
Le souffle dur du vent soudain s’est amolli,Une brise légère a dissipé la brume,Et, vivante au soleil, la ville ancienne exhumeSes orgueilleux remparts qu’assiège en vain l’oubli.
Dante, Ghirlandajo, Benozzo Gozzoli,Ceux-ci tendres rêveurs, et lui fou d’amertume,Ont illustré son nom d’une gloire posthume,Par leur haut souvenir à jamais anobli.
Que le peintre attentif orne le sanctuaireDes songes de Fina couchée en son suaire,Qu’il évoque l’erreur et le réveil d’un Saint,
Dans cette même salle à présent nue et videLes murs vibrent encor de la Voix qui décideLes Guelfes de Toscane à suivre un fier dessein.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nef désemparée, Paris, Société du Mercure de France, 1908· numérisation books.google.com· Sources