La nef désemparée, 1908· Sonnets d’Italie· S. Gimignano
I. « Les cris d’outrage se sont croisés. La menace »
Les cris d’outrage se sont croisés. La menaceCingle et brûle au visage, et l’orgueil suscitéFou se dresse, bondit, s’acharne. La citéSuccombe aux lourds assauts d’une haine rapace.
Qu’ils s’entretuent et se dévorent, le temps passe,L’oubli morne a plané partout : qu’est-il restéD’eux-mêmes ? Leur pays, qu’ils avaient dévastéDepuis lors refleurit plus clair et plus vivace.
C’est à peine à présent si l’écho sait leur nomMaudit. Rien ne survit de leur gloire, sinonDes pierres, d’où l’on voit, au fond de la bruine,
Monter dans un chaos de palais convulsifs,Tels des phares surgis aux rochers des récifs,Les treize tours debout sur la ville en ruine.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nef désemparée, Paris, Société du Mercure de France, 1908· numérisation books.google.com· Sources