La nef désemparée, 1908· Éclaircies
Réveil
Si l’éclair de tes yeux jolisA chaque fois que tu t’inclinesEmbrase de clartés câlinesLa floraison de nos oublis,
Un geste, tu l’ensevelisSous la mousse des mousselines,Désigne les proches collinesPar mille écumes de leurs plis ;
Et moi vers l’île dont je rêveJe vois scintiller sur la grèveLa splendeur saine de tes seins,
Aurore aux matins de nos treilles,Fruits pourpres mordus des abeilles,Or bourdonnant des purs essaims.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nef désemparée, Paris, Société du Mercure de France, 1908· numérisation books.google.com· Sources