La nef désemparée, 1908· Guirlandes· Pour Stéphane Mallarmé
Septembre 1898
Désastre morne issu vers l’aube en cet automnePar le vent dont en foudre affolé le grêlonAssaillit l’air parmi le calme du vallon,Nul heurt sinistre autour des grands hêtres ne tonne.
En l’heure encore claire meurt l’azur atoneQui n’a jeté qu’un cri d’horreur perçant et longEntre les fleurs et l’herbe où rôde un seul frelonTandis qu’au loin le spectre avec le doigt tâtonne.
Oh ! veillons : une voix de glace a menacéLa paisible forêt des songes du passé,N’effeuille pas la fleur trop frêle que tu cueilles ;
Septembre s’entr’ouvrait, éclairs ! diluviensTriomphes, mais l’aurore est bien morne où tu viens,Écoute ruisseler la Mort entre les feuilles.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nef désemparée, Paris, Société du Mercure de France, 1908· numérisation books.google.com· Sources