La nef désemparée, 1908· Guirlandes· Pour Stéphane Mallarmé
Valvins
L’eau plus lente s’écoule autour des touffes frêlesEt, naïve, elle vire et s’étire, ô jeux vains,Jusqu’aux portes d’un rêve où se rient les sylvainsA suivre aux tiges naître, frais baiser, leurs ailes.
L’arome astral d’or mûr ruisselle en cent tourellesAu fleuve, et filtre aux fleurs ivres de tous les vins :C’est, où vivre parmi les hêtres clairs, Valvins,Et l’argent de leurs troncs s’allonge en reflets grêles.
La rive s’humilie en prairie et s’étendJusqu’à l’azur, et brûle au soleil palpitant,Millier extasié d’herbe où vibre une étoile ;
Mais la proue a mordu vers l’arche un fluvialRemous, et s’éparpille en frisson lilialTout l’air léger et net, qu’illumine la Voile.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nef désemparée, Paris, Société du Mercure de France, 1908· numérisation books.google.com· Sources