Le sang des Fleurs, 1889
XIII. « Comme sur la mer qu’un soleil d’été dore »
Comme sur la mer qu’un soleil d’été doreVolent les rires innombrables des flots,Dans VOS yeux clairs, à travers vos cils mi-clos,Dansent des lueurs d’espérance et d’aurore,Comme sur la mer qu’un soleil d’été dore,
Lentement un songe occupe votre esprit :Vous abaissez vos paupières alourdiesAux échos des voix lointaines et hardiesDont le souvenir en votre cœur fleurit,Lentement un songe occupe votre esprit.
Sur votre lèvre humide hésite un sourireImmobile — un sourire d’extasiéQui par son divin amour supplicié,Cuverait avec volupté son martyre ;Sur votre lèvre humide hésite un sourire.
O Vierge, est-ce à moi que vous songez parfoisLorsque le songe habite votre pensée ?Quand je vous aperçois, la tête baissée,Toute songeuse, sans regard et sans voix,Dites, est-ce à moi que vous songez parfois ?
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le sang des Fleurs, BRUXELLES, IMPRIMERIE VEUVE MONNOM, 1889· Sources