Le sang des Fleurs, 1889
XII. « Vous régner sur mes nuits. Vous êtes suzeraine »
Vous régner sur mes nuits. Vous êtes suzeraineDe tous les rêves d’or dont j’ai l’esprit hanté ;Votre candeur vous fait un manteau de clartéQui vous drape en longs plis, comme un manteau de reine.
Et l’évocation de vos beautés m’entraîneA des songes pareils en leur gracilitéAux astres dont le ciel est parsemé l’été,Tremblotantes lueurs qui font la nuit sereine.
Je ne laisse jamais aux griffes des ennuisAucun pâle lambeau des veilles ni des nuits :Je songe à vous toujours, et les heures sont brèves.
Oh ! lorsque votre esprit aux splendeurs. du sommeilS’abandonne, et conçoit tout rose et tout vermeil,Que ne puis-je être un peu la forme de vos rêves !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le sang des Fleurs, BRUXELLES, IMPRIMERIE VEUVE MONNOM, 1889· Sources