Le sang des Fleurs, 1889
VI. « Êtes vous la Bacchante »
Êtes vous la BacchanteDont le lyrisme vainNe chanteQue l’ivresse du vin,
Qui bondit, furibonde,En sursauts convulsifsEt grondeses Évohés lascifs ?
Êtes-vous Aphrodite,La blonde déitéMauditeDont l’œil clair m’eût tenté,
Qui, mère du mensonge,Verse dans les cerveauxLe songeEt les désirs nouveaux ?
Ou, nymphe diaphaneEt légère, êtes-vousDianeQui se cache aux bois roux ?
Quel Olympe vit naître,Fruit de chair et de sang,Un êtreAussi resplendissant ?Le parfum de la rosePur comme un frais étéArroseVotre chère beauté,
Et vous êtes splendideDans l‘étincellementCandideDe votre corps charmant !
32 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le sang des Fleurs, BRUXELLES, IMPRIMERIE VEUVE MONNOM, 1889· Sources