Le sang des Fleurs, 1889
VII. « Lys et roses, visage épanoui, chair fraîche »
Lys et roses, visage épanoui, chair fraîche,Prunelles aux regards de feu fi caressants,Lèvres où le jour luit, palpitantes d’accentsLent comme la musique ou Prompts comme la flèche,Brûlez en mon esprit, vision rose et fraîche !
Chevelure où se jouent les frissons d’un soleilQue mes regards n’ont pu supporter sans brûlure,O molle, étourdissante et blonde chevelure,Foyer d’astres ardents, torrent d’amour vermeil,Oh ! submergez mon cœur, tumultueux soleil !
Ongles resplendissants de nacre et de lumière,Mains fines aux douceurs étranges, bras sculptésPar un artiste-dieu, modeleur de beautés,Grâce du corps passant la grâce coutumière,Aveuglez mes yeux, flots de vivante lumière !
O forme impérissable, ô buste harmonieux,Idéale poitrine aux lignes impassibles,Taille onduleuse ainsi, que les vagues flexibles,J‘ai pour vous un amour violent et pieux,Fraîcheurs, soleil, lumière, ô corps harmonieux !
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le sang des Fleurs, BRUXELLES, IMPRIMERIE VEUVE MONNOM, 1889· Sources