Le sang des Fleurs, 1889
XVIII. « Lentement mon amour devient une habitude »
Lentement mon amour devient une habitudeQui tempère l’ardeur de l’esprit et du sang ;Je me laisse endormir au charme envahissantDe l’adoration et de la Servitude.
Mon âme prosternée, avec incertitudeAdresse à la Madone un appel gémissantEt s’acharne à fixer en soi-même l’accentEt le geste divins, pleins de mansuétude.
Oh ! quand me sentirai-je assez de fermetéPour dompter à mon tour l’amour qui ma dompté,Dussé-je dans l’ivresse où la volonté sombre
— Pour n’être pas vaincu par l’amour de nouveau —Engloutir à jamais mon cœur et mon cerveau ?…Mais Je sens son regard qui me poursuit dans l’ombre.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le sang des Fleurs, BRUXELLES, IMPRIMERIE VEUVE MONNOM, 1889· Sources