Le sang des Fleurs, 1889
XIX. « O blonde enfant, penchée au balcon de la vie »
O blonde enfant, penchée au balcon de la vieVers l’invisible azur du rêve inexploré,Mon cœur qui t’est soumis et ma voix asservieChantent pour apaiser un lent Miserere.
O blonde enfant perdue au lointain de ton songe,Prends pitié de la plaie ardente de mon sang ;Au gouffre de mes vœux laisse que ton œil plonge,Laisse que vienne à moi ton regard caressant !
Blonde enfant, dont toujours le fantôme se dresse,Parmi le triomphal désir de ma tendresse,Accorde à mon orgueil ton baiser lilial.
Ne te détourne pas de moi vers la clairièreDes pures floraisons du rêve initial :Bénis de ton regard souriant ma prière.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le sang des Fleurs, BRUXELLES, IMPRIMERIE VEUVE MONNOM, 1889· Sources