Le sang des Fleurs, 1889
VIII. « Voix vibrante de rêve et de chant qui m’affoles »
Voix vibrante de rêve et de chant qui m’affoles,O voix frêle et sonore où planent par essaimsLes rires éclatant plus clairs que des tocsins,O sa voix… je l’écoute autant que ses paroles.
Je retrouve en sa voix vos inflexions molles,Âme des vieux rebecs, esprit des clavecins,Baisers épanouis en rapides larcins,Confidences d’amour des anciennes violes,
sa voix, c’est la douceur des songes innocents,C’est un souffle d’iris, de cinname et d’encens,C’est un enivrement d’harmonie et d’optique,
Et c’est, au fond de moi, fait d’un vivant soleilDe fierté lumineuse et de rhythme vermeil,Le plus éblouissant et je plus pur cantique.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le sang des Fleurs, BRUXELLES, IMPRIMERIE VEUVE MONNOM, 1889· Sources