Le sang des Fleurs, 1889
XX. « Printemps jeune et doux, ton retour caresse »
Printemps jeune et doux, ton retour caresseMollement notre paresse ;
Le soleil naissant grise le cerveauComme un flot de vin nouveau,
Voici les bourgeons pointant sur les branchesÉclatent par avalanches,
Et c’est le Printemps qui revient, le tempsDes délires palpitants.
O salut, saison consolante et brèveQui renouvelles le rêve ;
Salut, blond poète, amoureux pensif,O religieux lascif,
Printemps qui, joyeux, comme des étoffes,Déroules l’or de tes strophes !
Clair printemps qui fais rire, triomphants,Les cheveux blonds des enfants,
Printemps ébloui de tes splendeurs même,Tendre et céleste poème,
Fraîche éclosion, chant divin du sangDe l’Amour éblouissant,
Printemps, qui n’as pas tout le charme encoreDe la Vierge que j’adore !
22 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le sang des Fleurs, BRUXELLES, IMPRIMERIE VEUVE MONNOM, 1889· Sources