Les Estuaires d’ombre, 1895
X. « Le rêve vire et rit aux lèvres du premier »
Le rêve vire et rit aux lèvres du premierDont la rivière riche exalta la venueEt, rivages, vos fleurs de belle pourpre nueSont à son front l’orgueil insigne du cimier.
Caducs soucis de lire et, labeur coutumier,Tout l’espoir, l’exiler au col d’une cornue,De vous laisser s’élance à la vie inconnueL’aile à l’amour éparse en des palmes, palmier !
L’heure vieillit et sombre, et la rive est mal sûreOù le soleil royal étale sa luxureEt s’abîme lascif aux ivresses des flots.
L’ombre oblique s’écoule au ras des estuaires,Et Toi qui d’un sourire à te survivre éclôs,Vois s’effondrer floral l’astre où vierge tu erres.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Estuaires d’ombre, Paris, Réveil, 1895· numérisation books.google.com· Sources